Les femmes, grandes victimes de la prise de Kaboul par les Talibans

Les femmes, grandes victimes de la prise de Kaboul par les Talibans

Interdiction d’aller à l’université, interdiction de voyager en avion sans être accompagnée, telles sont les nouvelles mesures prises par les Talibans en ce mois de mars 2022.

Le gouvernement des Talibans avait promis à la communauté internationale d’être plus souple envers les femmes. Au pouvoir en Afghanistan depuis le 15 août 2021, ils laissent en réalité les autorités provinciales prendre les décisions dans leurs provinces, décisions toujours plus répressives envers les femmes. 

Le retour de l’obligation de cacher leurs corps

De 1996 à 2001, pour les femmes, le port de la burqa en public était obligatoire. Les femmes étaient donc couvertes, de la tête aux pieds, visage couvert intégralement par un voile quadrillé au niveau des yeux. Les talibans avaient créé un Ministère de la Promotion de la vertu et de la prévention du vice, et leurs agents avaient autorisation, obligation même, de fouetter toute femme qui ne portait pas la burqa.

Depuis le 15 août 2021 et la reprise du pouvoir par ces Talibans, ces derniers se montrent plus indulgents aux yeux de la communauté internationale, les femmes peuvent ne porter que le Niqab. Grande avancée pour le régime des Talibans, cette mesure ne ravit pas la communauté internationale qui s’attriste de voir les femmes toujours fantômes, cachées sous leurs vêtements sous prétexte de la volonté de Dieu. Si les femmes ont pu pendant des années sortir librement dans les rues, vivre à “l’occidentale” même, faire les magasins, fréquenter des bars, des cafés, des bibliothèques seules et libres, c’en est fini. Désormais, hors de question de sortir sans être accompagnée d’un homme. Voir le visage des femmes est un temps révolu en Afghanistan, même les femmes mannequins sont découpées dans les magasins, sous prétexte de ne pas respecter la loi islamique. Le temps d’un Afghanistan à l’occidentale est révolu.

L’avenir de l’éducation des femmes afghanes

Sous le régime de Kazari, puis de Ghani, les femmes ont pu retourner à l’école, ont pu apprendre, recevoir une éducation. Les universités étaient ouvertes pour les filles au même titre que les garçons. Les Talibans ont avancé devant la communauté internationale que les femmes pourraient continuer à aller à l’université. En réalité, de nombreuses universités restaient fermées aux filles dans les provinces, jusqu’en mars 2022, et sont désormais fermées. Dans les grandes villes, comme à Kaboul, les filles, lorsqu’elles vont étudier, se font harceler, et sont de moins en moins nombreuses à trouver le courage d’affronter les insultes quotidiennes qu’elles subissent. Et ces femmes qui rêvent de travailler, d’être ingénieures, politiciennes, dirigeantes, perdent espoir. En effet, en plus du harcèlement subi à l’université, elles savent que leurs rêves n’aboutiront sûrement jamais, car les talibans ferment de nombreux secteurs de travail aux femmes. 

Au travail, la ségrégation des sexes

En effet, les femmes ne peuvent plus travailler avec les hommes. Depuis le retour des Talibans au pouvoir en août 2021, c’est le retour de la ségrégation des sexes. Il a été autorisé aux femmes de travailler librement du moment que la ségrégation des sexes est respectée. Elles peuvent donc travailler librement, à la condition qu’aucun homme ne travaille avec elles. Évidemment en réalité, comme les hommes occupent les postes du service public, les postes importants, il est impossible pour une femme d’occuper un de ces postes sans qu’elle soit confrontée à des hommes. Elles sont donc écartées des emplois à grandes responsabilités dans le service public. Les seuls postes qui leur sont encore accessibles sont les postes spécialisés, pour lesquels la demande est forte, comme la santé, l’éducation.

Et sur le plan culturel

À la télé, les chaînes ne sont plus autorisées à diffuser des programmes mettant en avant des femmes, les femmes ne peuvent plus apparaître dans des émissions, films ou séries, et les journalistes sont contraintes de porter le hijab. Le sport n’est plus considéré comme nécessaire pour les femmes. La seule raison pour laquelle certaines peuvent encore continuer à pratiquer leur sport comme le cricket ou le football est que les talibans souhaitent continuer de percevoir les fonds venant des fédérations sportives.

Interdiction de chanter, interdiction de danser, interdiction de peindre, interdiction d’être artiste. Interdiction, tel est le nouveau quotidien des femmes afghanes.

Alice Héber-Suffrin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *