Déferlante féministe, Partie 1 :  Rennes

Déferlante féministe, Partie 1 : Rennes

Ce mardi 8 mars, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé en France et dans le monde entier pour revendiquer une réelle égalité de genres et rendre hommage aux victimes du patriarcat.

Cette année, La Ruche s’est une fois de plus rendue à Rennes pour suivre les manifestations.

Il est environ 11h30 à Rennes, dans le quartier populaire de Villejean, quand le compte à rebours est lancé. Alors que les hommes ont 364 jours par an consacrés à leurs droits, les femmes, elles, doivent se contenter d’une journée pour être pleinement entendues et faire valoir leurs revendications : les rennaises n’avaient pas envie d’en perdre une seconde.

Après une manœuvre compliquée du tracteur (qui fera office de tête de cortège) pour se garer, la marche s’ouvre avec la prise de parole de diverses représentantes d’associations et syndicats d’étudiantes, de femmes sans papiers, de femmes retraitées ou encore de travailleuses du care. Parmi les revendications : des mesures concrètes contre les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur, la création de 200 000 emplois dans les Ehpads et de 100 000 emplois dans le secteur de l’aide à domicile, une prise en compte spécifique des violences faites aux femmes agées et retraitées « par une formation des salariés et par l’adaptation des structures d’accueil » mais aussi des solutions d’hébergements décents pour les femmes exilées et leurs enfants. Pour les trois représentantes des femmes du milieu rural, présentes pour la première fois cette année, le plus important reste la revendication d’un meilleur accès aux soins, notamment aux sages femmes et aux gynécologues en campagne, ainsi que des mesures contre les violences conjugales : elles rappellent que « la moitié des féminicides ont lieu en milieu rural alors que nous ne représentons que que 30 % de la population ».

Etant donné le contexte actuel, les militantes n’ont bien sûr pas manqué d’apporter leur soutien aux femmes ukrainiennes, rappelant que « Les mouvements féministes russes sont parmi les seuls mouvements d’opposition que Poutine n’a pas réussi à écraser ».

Photo : Gil Martel

Après cette première série de discours, le cortège part en direction de République en scandant les traditionnels slogans contre le patriarcat et à la gloire des femmes du monde entier. Sur le chemin, un collectif de colleur.euse.s lycéen s’active à tapisser les murs de Rennes : « Vous n’aurez plus le confort de nos silences ». Les passants se greffent peu à peu au cortège et les habitants saluent et félicitent les manifestant.e.s depuis leurs fenêtres.

Le cortège arrive aux alentours de 13h à République où une kermesse féministe attend les manifestant.e.s. Au programme : seconde session de discours, vente de livres féministes, distribution de boissons, de nourriture, de stickers, mais surtout : chamboule-tout anti-patriarcat, anti-sexistes et anti- machistes ! Chacun.e à le loisir de tirer avec un ballon sur Emmanuel Macron, Eric Zemmour, Gerald Darmanin mais aussi Jean Castex entre autres, révélant les phrases les plus sexistes qu’ils ont pu prononcer, parmi celles-ci : « La République est une bonne fille qui ne se laissera pas violer » (E.Macron) ou encore « C’est une bonne stagiaire, vous me la prêterez tout à l’heure » (J.Castex).

La kermesse se clôt finalement en chansons, à 15h40, heure symbolique puisque l’on estime qu’en moyenne, au vu des inégalités de salaires entre les femmes et les hommes, c’est à cette heure-ci que les femmes commencent à travailler gratuitement chaque jour.

Rennes a cette année encore su répondre à l’appel à la grève féministe, mais tous.tes espèrent ici que cette édition annuelle cessera un jour d’exister, quand les droits des femmes seront enfin respectés, et que plus aucune inégalité ne subsistera.

Gil Martel

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