Multivers : vers l’infini et au-delà

Multivers : vers l’infini et au-delà

Et bien qui voilà ! Bonsoir !

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des univers parallèles. Certain.e.s d’entre vous sont peut-être déjà familier.es avec le sujet, d’autres nagent au beau milieu d’une doucereuse ignorance, d’autres encore se sont déjà endormi.e.s comme des loques devant mes phrases à rallonge. Et on est qu’au premier paragraphe.

Les univers parallèles donc. Un truc qui semble sommes toutes assez complexe comme ça mais qui peut en fait se résumer par un mot simple, un mot qu’on utilise tous les jours. Ce mot, c’est « choix ». Là je vous perds, je le sens. Mais laissez-moi m’expliquer. La théorie des univers parallèles nous explique qu’il n’existe pas un mais une infinité d’univers (merci Sherlock) tous pareils, mais tous différents. En gros, on part de l’univers zéro, l’Univers Prime, et on en dévie à un point bien précis pour former d’autres univers.

Exemple simple : Imaginons que l’univers dans lequel nous sommes actuellement est l’Univers Prime. Prenons un événement important au hasard. En 1492, Christophe Colomb tombe par hasard sur les Antilles, marquant le début des Grandes Découvertes. Il se trouve que dans l’Univers 50719, les trois caravelles de Colomb ont fait naufrage en plein milieu de l’Atlantique. Cela ne prouve donc pas sa théorie expliquant que l’on peut rejoindre l’Inde par l’Ouest. En Europe, tout le monde prend Colomb pour un dérangé et personne ne retentera l’expérience avant de longues années, retardant l’explosion du commerce triangulaire, la découverte de nouvelles ressources, le génocide amérindien de plusieurs siècles. Dans cet univers, ce sont les Chinois qui rejoignent l’Amérique en premiers, par le Canada. Au XXIème siècle, le tracé des frontières mondiales est si différent, l’Histoire si altérée, que rien ne permet de dire que l’Univers 50719 est un dérivé de l’Univers Prime.

Maintenant, imaginez que chaque coïncidence aurait pu changer complètement la face du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. Mais plus que ça, chaque choix que nous faisons au quotidien peuvent avoir des conséquences absolument infinies des siècles plus tard. C’est ce qu’on appelle l’effet papillon mon pote. Un enfant est renversé par une calèche en Autriche au début des années 1890 ? Paf ! Un nouvel univers est créé dans lequel le nazisme n’a jamais existé. Tu décides finalement de refuser ce verre d’alcool à cette soirée quelconque ? Paf ! Dans cet univers tu pécho la personne de tes rêves et fini grand-père de six merveilleux enfants alors que tu aurais pu devenir un magnat du commerce de spiritueux, solitaire certes, mais riche. Je ne décide finalement pas d’écrire cet article ? Paf ! Vous vous réveillez définitivement aussi bête que la veille et ne devenez pas le scientifique renommé ayant prouvé l’existence du Multivers.

En fait, là où les univers parallèles nous bazardent la caboche c’est qu’ils nous forcent à nous concentrer non pas sur ce qui est ou ce qui a été (choses fixes, concrètes, certaines) mais sur ce qui sera et ce qui aurait pu être (choses en évolution, changeantes, arbitraires, incertaines). Ils nous forcent à reconsidérer tous nos choix depuis notre naissance, à se les rejouer intérieurement et à imaginer des « scénarios idéaux ». Et ce qui nous fait mal, c’est que ces scénarios n’auront jamais lieu. Ou pas dans cet univers en tout cas.

Alors oui, comme le disait André Gide, choisir c’est renoncer, et on n’a jamais assez de temps pour calculer toutes les possibilités qui peuvent ressortir d’une infinité de choix qui s’articulent d’une manière complexe et arbitraire. Mais relativisons deux minutes : si il y’a des scénarios idéaux, il y’a aussi des scénarios catastrophiques, voire apocalyptiques. Et ouais, si je te disais que dans l’Univers 48962, ton père avait trompé ta mère et qu’il s’était fait jeter aussi sec, n’amenant jamais à ta conception ? Si je te disais que dans l’Univers 64218 les Japonais avaient découvert la bombe atomique en même temps que les Etats-Unis et avaient, en répliquant, annihilé toute vie sur notre bonne vieille planète ?

Dooooonc ouais, t’es clairement pas dans le meilleur univers possible mais t’es loin d’être dans le pire. Maintenant, si t’as envie de vouer ta vie à des projections statistiques sur les conséquences du moindre de tes choix, ça te regarde mais crois-moi, tu risques vite de finir comme Chidi Anagonye dans The Good Place. Série que je te conseille fortement si t’as Netflix et rien d’autre à foutre. Bref t’as compris mon propos.

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