Comment passer l’hiver sans Formule 1 ? Découvrez le biathlon !

Comment passer l’hiver sans Formule 1 ? Découvrez le biathlon !

Max Verstappen devant la Mercedes de Valtteri Bottas lors du Grand Prix d’Abu Dhabi formula1.com

            Pour les suiveurs de la Formule 1, qui ne vivent que par la catégorie reine du sport auto, ce dimanche était aussi excitant que tristounet, pour le dernier Grand Prix de la saison – qui nous a encore régalé par son spectacle incroyable (non). Le temps sera bien long d’ici le Grand Prix de Melbourne (Australie) en mars prochain. On va donc essayer de ne pas vous laisser déprimer pendant ce temps-là… Donc on va vous faire découvrir un sport qui vous émerveillera durant tout l’hiver, et vous donner 7 raisons remarquables de le suivre : LE BIATHLON.

Le français Émilien Jacquelin sur le pas de tir, accompagné des deux Norvégiens Dale et Boe EXPA/Adelsberger via VOIGT Fotografie

1- Une programmation semblable à un weekend de F1, mais aussi à sa saison !

            Un week-end de biathlon se déroule souvent sur quatre jours, du jeudi au dimanche. Les épreuves se passent entre la fin de matinée et la fin d’après-midi. Autrement dit : les mêmes journées et mêmes tranches horaires que les essais libres, qualifications et courses en F1. Ça ne vous déboussolera donc pas trop !

Quant au calendrier, bien plus court qu’en F1, il s’étend de la fin novembre à la mi-mars. Malgré les deux semaines de repos pour Noël ainsi que les semaines qui séparent la Coupe du Monde des Mondiaux en février, il n’y a pas d’autre week-end sans course. Chaque semaine, les biathlètes passent alors d’une ville à l’autre et donc, d’un circuit à l’autre. Malheureusement, suite à la pandémie de Covid-19 (encore elle), des étapes ont été annulées : Östersund (Suède), Le Grand Bornand (France), Ruhpolding (Allemagne) et Pékin (Chine).  Alors, comme pour la F1, des étapes ont été doublées : Kontiolahti (Finlande), Hochfilzen (Autriche), Oberhof (Allemagne) et Nove Mesto (République Tchèque). Les athlètes resteront alors deux semaines sur place, sans aller sur les sites annulés.

Antonin Guigonnat en pleine descente EXPA/Adelsberger via VOIGT Fotografie

2- La saison de biathlon s’arrêtera quand la F1 reprendra !

            Quand la saison de F1 s’est stoppée, deux semaines plus tard qu’habituellement, celle de biathlon avait, justement, commencé depuis deux semaines. Avec les deux étapes à Kontiolahti (Finlande) – pendant Bahreïn et Sakhir – puis la première à Hochfilzen (Autriche) – pendant le Grand Prix d’Abu Dhabi. Il y avait donc déjà eu trois étapes de passées. Avant janvier prochain, il ne vous reste qu’une dernière étape à Hochfilzen (du 17 au 20 décembre) pour découvrir le biathlon !

            Outre le début de saison, la fin de saison est, elle, parfaitement synchronisée avec le premier Grand Prix 2021 à Melbourne (Australie). Pendant que les biathlètes clôtureront leur saison à Oslo (Norvège – 18 au 21 mars 2021), les pilotes rentreront en piste à Melbourne (Australie – 19 au 21 mars 2021). Si vous vous êtes attachés au biathlon d’ici là, il faudra combiner les écrans !

Le duel entre Boe et le Suédois Samuelsson EXPA/Adelsberger via VOIGT Fotografie

3- Diffusé en clair et en direct sur la Chaîne L’Équipe, avec un dispositif qualitatif

            Depuis la saison 2015-2016, c’est le canal 21 de la TNT qui s’est vu partager les droits de la Coupe du Monde de Biathlon et des Mondiaux de celui-ci, avec Eurosport, qui était le seul détenteur des droits. Et c’est sûrement ce fait d’arme qui aura contribué à l’essor croissant de cette discipline – Eurosport étant une chaîne payante.

Briefing, reportages, explications techniques puis réactions, podium, débriefing : entre les courses, L’Équipe ne se contente pas que de les diffuser, mais nous plonge dans le petit monde du biathlon, on nous en apprenant plus chaque journée. Tout cela est dirigé par le présentateur emblématique de la chaîne : Messaoud Benterki. Pour les courses, c’est Anne-Sophie Bernadi qui vous les fera vivre, et il n’y a qu’à écouter ses sanglots lors de la dernière victoire de Martin Fourcade pour bien montrer qu’elle n’est pas là par hasard. Une commentatrice est toujours accompagnée de son consultant, et depuis le début, c’est Alexis Bœuf qui endosse parfaitement ce rôle. Ancien biathlète champion du monde, il vous fera découvrir tous les aspects techniques ou non du biathlon. Tristement cloisonnés dans leur studio L’Équipe à cause de la pandémie, ce sont Tangi Kerhoas et Thomas Gonçalves qui sont sur place pour nous faire vivre les pré-courses et les réactions des biathlètes. Bref, L’Équipe prend bien soin de son audimat pour le fidéliser, là où les téléspectateurs deviennent de plus en plus nombreux à regarder ce sport en plein essor.

Les sanglots d’Anne-Sophie lors de la dernière victoire de Martin Fourcade en carrière, accompagné d’Alexis Bœuf Instagram : annesophiebernadi

4- La densité affolante du niveau de performance des athlètes, et une équipe de France monstrueuse

            Alors non, il n’y a pas de Hamilton du biathlon. Actuellement, il serait insensé de parier sur le gagnant et la gagnante du gros globe de cristal (le trophée pour le gagnant du classement général), tant il y a de possibilités. Chez les hommes ? J. Boe (Norvège), Fillon-Maillet (France), Samuelsson (Suède) trustent actuellement les premières positions mais des garçons comme Dale, Laegreid, T. Boe (Norvège), Jacquelin et Claude (France), peuvent jouer les trouble-fêtes et s’emparer, ne serait-ce que, d’un petit globe de cristal (récompense pour chaque classement général d’une discipline). Du côté des femmes, c’est encore serré… Roiesland (Norvège), Alimbekava (Biélorussie), les sœurs Oeberg (Suède) occupent les quatre premières positions mais il y a aussi Wierer (Italie – ex-vainqueur du gros globe), Preuss (Allemagne), Eckhoff (Norvège), Chevalier-Bouchet (France) et j’en passe ! Au final, on retrouve de belles confrontations sur les deux tableaux et cela se jouera forcément sur la longévité de la compétition et la régularité des athlètes.

La biélorusse Alimbekava, la révélation 2020/2021 et LA biathlète à suivre EXPA/Adelsberger via VOIGT Fotografie

Du côté de l’équipe de France, Martin Fourcade avait bien raison de dire qu’il « partait serein » lorsqu’il a pris sa retraite l’année dernière. Cette sélection est impressionnante de densité, même si on pense que Fillon-Maillet sera LE prétendant au gros globe de cristal, Jacquelin et Claude sont largement capables de remporter des courses et pourquoi pas des petits globes. Chez les filles, même si la première n’est « que » dixième au classement général, elles sont également capables de ramener des podiums et des victoires, surtout en relais ! Sur les deux relais de cette saison, elles ont ramené à chaque fois une deuxième place. Une fois derrière la Suède, et une autre fois derrière la Norvège, on ne peut qu’être plus ambitieux désormais !

5- Sept épreuves différentes, aucune routine, aucun ennui !

            La FIA, ils doublent les Grands Prix mais au moins ils changent les circuits, c’est pareil en biathlon ? Non. Cela aura pu, mais ça aurait été bien trop compliqué. Mais le biathlon a un autre atout : la diversité des épreuves. Sur les étapes doublées de cette saison, vous ne verrez jamais la même programmation d’épreuves. Quelles sont les types d’épreuves d’ailleurs ? Petit passage en revue.

Le sprint : 7,5 km (Femmes) – 10 km (Hommes) = distances référentes

Tous les athlètes s’élancent un par un (une centaine), selon un ordre de passage (chaque sélection décide à quel moment elle lance ses biathlètes). Deux tirs, un couché et un debout. Un tir manqué = un tour de pénalité (150m)

La poursuite : 10 km (F) – 12,5 km (H)

Les athlètes s’élancent un par un, les 60 premiers du sprint de la veille. Le temps de départ entre les athlètes est déterminé en fonction de leur retard sur le premier coureur de la veille. Un tir manqué = un tour de pénalité

Exemple : Johannes Boe (Norvégien) a fait un temps supérieur de 22 secondes sur celui de Quentin Fillon-Maillet (Français) lors du sprint de la veille, donc il s’élancera 22 secondes après le départ du français lors de la poursuite.

L’individuel : 15 km (F) – 20 km (H)

L’équivalent du sprint à quelques exceptions près : – 4 tirs au lieu de 2 : enchaînement tir couché – tir debout – tir couché – tir debout – Un tir manqué = Une minute supplémentaire sur le chrono du biathlète – La distance : la régularité et la gestion de l’effort comptera plus que tout.

Quadruplé français sur l’individuel d’Östersund (Suède) sur les championnats du monde 2019 (1er : Fourcade ; 2ème : Desthieux (gauche) ; 3ème : Fillon-Maillet (droite) ; 4ème : Jacquelin) Andrei Ivanov

La mass start : 12,5 (F) – 15 km (H)

La course la plus spectaculaire, pas tous les week-ends mais tout le temps le dimanche. Les 25 premiers du classement général de la Coupe du Monde ainsi que les 5 meilleurs du weekend, prennent part au départ… TOUS ENSEMBLE. Ce qui donne assez souvent un premier tir assez bruyant mais surtout impressionnant (puisque les 30 tirent quasiment en même temps). Ils enchaînent donc 4 tirs, 2 couchés puis 2 debout.

Les relais

Sans doute dans les courses les palpitantes que l’on peut créer. Aucune des nations ne possède quatre athlètes incroyables, certaines se reposent même sur un seul athlète de classe mondiale : insuffisant pour cet exercice. Si un athlète passe à travers, les autres auront du mal à se mettre dedans mais peuvent toujours croire à une remontée sur le podium, voire pour la victoire. Une grosse minute de retard devient si faible lorsque l’athlète réussit un tir rapide pendant que les autres craquent.

Le relais féminin français lors de leur deuxième place à Hochfilzen 2020 (Autriche) EXPA/Adelsberger via VOIGT Fotografie

Relais hommes (4 x 7,5 km) et relais femmes (4 x 6 km)

Les biathlètes vivent leur saison avec leur nation lors de la Coupe du Monde, durant quasiment tout l’hiver, et c’est donc entre eux et leur staff que se décide la composition de l’équipe pour le départ du relais.

2 tirs par biathlète : 1 couché et 1 debout.

Un tir manqué = une pioche ; trois pioches = huit balles pour blanchir les cinq cibles ; Un tour de pénalité par cible non blanchie à la fin du tour.

Relais mixte

Quatre athlètes d’une même nation, deux hommes et deux femmes. Seule la distance des boucles différencie l’épreuve entre hommes (2 x 7,5 km) et femmes (2 x 6 km). Deux tirs pour chacun, un couché puis un debout. Comme les relais précédents, trois pioches de disponible, un tour de pénalité par cible non blanchie.

L’ordre des sexes peut très bien être dans n’importe quel sens : Homme – Homme – Femme – Femme / Homme – Femme – Homme – Femme, et inversement si c’est la femme qui débute.

L’équipe du relais mixte norvégien lors des Mondiaux 2019 à Östersund (Suède) IBU

Relais mixte simple (rare)

Deux athlètes d’une même nation, un homme et une femme, 4 x 1,5 km chacun, répartis de la sorte : si la femme commence, elle fait deux boucles et deux tirs, comme l’homme, un couché et un debout ; après cette boucle, elle passe le relais à l’homme, jusqu’à faire deux fois la même danse : (départ) Femme (ou Homme) – Homme – Femme – Homme (arrivée)

Contrairement aux autres relais, une faute au tir donne directement droit au tour de pénalité.

Une multitude d’épreuves qui peut rendre un week-end unique. Vous vous en doutez, on ne retrouvera jamais toutes ces épreuves sur un seul week-end. Néanmoins, lors des Mondiaux annuels, qui se déroulent en février 2021, on retrouvera toutes ces courses, sur dix jours de compétition !

Exemple type d’un weekend « normal » de biathlon :

  • Jeudi : sprint hommes
  • Vendredi : sprint femmes
  • Samedi : poursuites femmes et hommes
  • Dimanche : mass start hommes et femmes

6- Niveau égalité des droits hommes-femmes, on est pas mal !

            Des épreuves hommes et femmes qui s’enchaînent et qui n’ont aucune inégalité de diffusion. Des week-ends qui peuvent commencer comme finir par des épreuves féminines, et inversement. Des relais mixtes, qui plus est, peuvent débuter comme terminer par des athlètes féminines. Le même staff pour les deux équipes est impossible, trop de travail, néanmoins, le staff des femmes aide celui des hommes et inversement.

Photo de classe 2020/2021 Équipe de France de Biathlon – Facebook

7 – Mais c’est aussi un sport incroyable quand même !

            On va quand même vous expliquer ce qu’est le biathlon. Pour ce qui est de la discipline, il s’agit d’un sport d’hiver (vous l’avez compris), où le but est de battre son adversaire sur la piste en ski de fond, tout en le battant sur le pas de tir (d’où le « bi- » de biathlon).

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les athlètes, après avoir skié, MINIMUM 2 km à ski, en alternant montée, plat, descente, etc… Ils arrivent sur le pas de tir, le palpitant au paroxysme. Il faut alors avoir une maîtrise de soi ÉNORME, pour pouvoir tout relâcher et tirer sur des cibles à… CINQUANTE MÈTRES ! À ceci, vous rajouter une cible qui fait un diamètre de 11,2 cm… Sur le tir debout et… 4,5 cm sur le tir couché ! Et après ça ? Ils refont une boucle… Et ainsi de suite. Autant dire, que quand on vous parle d’un travail sur la maîtrise de soi, on ne blague pas ! Ce sont ces détails de la discipline qui donne des courses fantastiques, avec tout un tas de rebondissements fantastiques.

Quentin Fillon-Maillet avec sa carabine EXPA/Adelsberger via VOIGT Fotografie

L’addition : Une équipe de France performante avec un avenir radieux, un sport spectaculaire, des biathlètes attachants, du stress… Tout ce que le biathlon nous propose n’a pas fini de vous surprendre et de vous faire vibrer !

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