Retour sur les manifestations contre la loi « sécurité globale »

Retour sur les manifestations contre la loi « sécurité globale »

Depuis l’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale de cette loi controversée, des manifestations ont eu lieu en France les samedi 21 et 28 novembre. À Lille, quelques milliers de personnes se sont rassemblés.

Manifestation contre la loi « sécurité globale », place de la République, à Lille, samedi 21 novembre⎜Mélodie Lontjens 

Samedi 21 novembre. 11h00. Rassemblés place de la République, entre le Palais des Beaux-Arts et la préfecture du Nord, les lillois manifestent contre la loi « sécurité globale ». 

Rédigée par Jean-Michel Fauvergne, ancien chef du raid et député, et par l’avocate Alice Thourot, la loi a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale vendredi 20 novembre. Elle comporte une multitude de mesures sécuritaires : renforcement des pouvoirs de la police municipale, accès aux images des caméras-piétons, captation d’images par drones, restriction de la diffusion de l’image des policiers.

L’article 24 est le plus polémique de cette de loi. Il punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser dans le but de porter atteinte, « l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel » d’un policier ou gendarme. Un amendement censé garantir la liberté d’informer a été ajouté à cette article. 

Mais selon Claire Hédon, la Défenseuse des droits, la loi « soulève des risques considérables d’atteinte à plusieurs droits fondamentaux, notamment au droit à la vie privée et à la liberté d’information ».

À Lille, le rassemblement était organisé par la Ligue des Droits de l’Homme. Entre 800 et 1000 manifestants étaient présents. Les partis politiques, associations et syndicats ont aussi répondu à l’appel. 

« Même pas drone », « Sécurité globale flouttage de gueule », « Big brother is watching you » 

Pancartes et drapeaux à la main. Masques au visage. Les manifestants écoutent avec attention les interventions. Les orateurs s’enchainent pour condamner la loi « sécurité globale » qui remet en cause les libertés individuelles et porte atteinte à la liberté d’informer, notamment sur les violences policières. 

Samedi 21 novembre. 12h00. La manifestation se termine. Un cortège de représentants d’associations et d’élus se dirige vers la préfecture. 

La LDH avait demandé à la préfecture à être reçue par un représentant pour remettre un courrier destiné au Premier ministre. Cette demande lui a été refusée. C’est donc symboliquement que le cortège est allé poster la lettre – sous la surveillance des policiers présents.

D’autres manifestations ont lieu dans le pays comme à Paris, Montpellier ou Rennes. Au total, 22 000 personnes se sont mobilisées en France le 21 novembre. 

Timide recul du gouvernement ?

Évacuation brutale du camp de migrants à Paris place de la République, affaire Michel Zecler. En l’espace d’une semaine, le contexte se tend et les appels à remanifester se multiplient.

Entre 133 000 et 500 000 personnes ont ainsi défilé en France le samedi 28 novembre. Le rassemblement le plus important s’est tenu à Paris, intitulé « Marche des Libertés contre les lois liberticides ».

Si les manifestations se sont globalement déroulées sans heurts, des incidents ont éclatés à Paris, Lyon, Caen ou Rennes. Contrastant avec un défilé globalement calme, des incendies ont ainsi été déclenchés le long du parcours parisien. Plusieurs journalistes ont également été blessés alors qu’ils étaient clairement identifiables.

Suite aux manifestations, la majorité à l’Assemblée nationale a annoncé une réécriture ​complète de l’article 24. Un premier recul ? Même si M.Castaner a déclaré que ce n’est ni un retrait ni une suspension, c’est une petite victoire pour l’opposition et les manifestants. Gérald Darmanin reste pour sa part campé sur ses positions. Entendu par la commission des lois, il réaffirme son soutien aux forces de l’ordre et maintient que sa ligne de conduite est « de protéger les français et de protéger ceux qui nous protègent ».

Pour maintenir la pression sur le gouvernement, internautes, journalistes, associations, syndicats et partis politiques appellent à de nouvelles manifestations pour le troisième samedi consécutif.

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