How to get away with murder : la série parfaite pour survivre au confinement

How to get away with murder : la série parfaite pour survivre au confinement

How to get away with murder, la série ABC de la célèbre Shonda Rhimes, connue notamment pour avoir créé Scandal et Grey’s Anatomy, vient de s’achever en une dernière salve de quinze épisodes actuellement disponibles sur Netflix. Il est donc temps de revenir sur cette drogue qui en a tenu en plus d’un en haleine durant 6 ans (ou un an si comme moi vous avez découvert les cinq premières saisons bien en retard puis attendu impatiemment la sortie de la sixième et dernière saison).

How to get away with murder nous accroche dès le pilote à coup de flashbacks qui annoncent tout de suite un malheur et instaurent un suspense qui va se prolonger jusqu’à la dernière seconde de la dernière saison. Une fois le malheur suggéré, on retourne dans le temps et on découvre Annalise Keating, une professeure de droit pénal et avocate de la défense qui chaque année choisit cinq élèves au mérite (du moins d’après la version officielle) afin de l’aider à préparer ses dossiers et défendre ses clients avec les meilleures stratégies possibles. Seulement cette année là, c’est différent, ses élèves ont commis un meurtre.

Un scénario au suspense haletant mais épuisant

Impossible d’en dire beaucoup plus sans vous spoiler mais croyez-moi, vous n’êtes pas au bout de vos surprises. On pourrait certes critiquer le scénario alambiqué et parfois improbable de Murder, mais on peut aussi faire le choix de se concentrer uniquement sur les bons côtés de la série qui occultent plutôt largement ses défauts étant donné que quoi qu’on en pense, il est compliqué de ne pas la trouver extrêmement addictive. Et pour revenir au scénario, ne vous inquiétez pas, il n’a rien à voir avec celui de Pretty Little Liars qui pour le coup peinait à trouver un sens notamment à l’issue de la série. Ici on a certes une histoire compliquée avec énormément de rebondissements et de retournements de situations mais tout est expliqué à un moment ou à un autre. Chaque intrigue, qu’elle soit majeure ou non finit par être résolue et les explications sont toujours crédibles, bien qu’effectivement on doute du fait qu’une telle histoire puisse exister de A à Z dans la vie réelle. Je doute que ce soit le cas, mais encore une fois, en comparaison à Pretty Little Liars (qui même si elle reste chère à mon cœur reste néanmoins l’archétype de la série au scénario qui part dans tous les sens), Shonda Rhimes semble avoir plus ou moins écrit d’une traite l’ensemble de la série car de la première à la dernière saison, bien que les intrigues s’accumulent, elles se succèdent toutes naturellement et on sent une ligne directrice durant toute la série, quoi de plus appréciable ?

Hormis la complexité de son scénario, How to get away with murder a pour autre bémol d’être tellement trépidante qu’elle en devient épuisante. Le montage est en effet tout aussi voire plus compliqué que le scénario en lui-même. Les scènes alternent deux temporalités, parfois même trois temporalités et rend ainsi haletant le visionnage de la série. Impossible de décrocher, c’est à la fois une force et une faiblesse. Il faut sans cesse être sur le qui-vive et c’est ce qui rend cette série d’autant plus addictive, on a pas le temps de reprendre notre souffle.

Le Racisme au premier plan

J’ai peu d’autres défauts à attribuer à cette série, ce n’est certes pas la mieux faite que je connaisse (et dieu sait combien de séries j’ai vues) mais cela reste l’une de celles qui vous prennent aux tripes et vous forcent à passer de nombreuses nuits blanches. Il faut noter aussi qu’elle aborde énormément de sujets sensibles mais importants et les aborde la plupart du temps extrêmement sincèrement, sans trop romantiser ni prétendre nous inculquer quoi que ce soit ou nous apprendre quoi que ce soit. Tous ces sujets servent les intrigues et ne sont pas là pour que la série ait simplement l’air engagée, car même si on peut la considérer engagée, ce n’est certainement pas son but principal. Parmi ces sujets, celui qui prédomine, c’est le racisme ainsi que le racisme dans le système judiciaire des Etats-Unis et de la Pennsylvanie. L’un des moments les plus forts de la série (ATTENTION PETIT SPOIL) est, et je pense que peu de gens me contrediront, le discours d’Annalise sur le racisme devant la cour suprême des Etats-Unis.

Viola Davis et Annalise Keating : deux femmes incroyables

En lien avec ce sujet assez omniprésent du racisme aux Etats-Unis, on peut remarquer, et c’est fort plaisant, que les acteurs de la série sont en grande majorités d’origine afro-américaine, ce qui est assez rare pour être souligné. En tête de ce casting, l’incroyable Viola Davis, première actrice noire à avoir reçu un Oscar, un Tony Award et un Emmy Award respectivement pour des rôles dans un film, au théâtre et dans une série. Viola Davis est la seule actrice qui pouvait aussi bien incarner Annalise Keating. A mon humble avis, sans elle, la série perdrait une grande partie de son intérêt si ce n’est la majeure partie de son intérêt. Je ne vais pas mâcher mes mots : Viola Davis est magistrale dans le rôle d’Annalise Keating. Elle est crédible et extrêmement émouvante dans ce personnage qui est à mon sens l’un des meilleurs personnages féminins, toutes séries confondues. Annalise Keating est une femme qui peut être décrite par beaucoup de mots. C’est un paradoxe à elle toute seule. Elle est à la fois incroyablement forte, dure et autoritaire et faible, accro à l’alcool, et brisée à un point inimaginable. Elle a vécu toutes les horreurs du monde que ce soit dans sa vie de femme ou dans sa vie d’avocate/professeure et subit à la fois un sexisme et un racisme incessants. Elle est un modèle mais personne ne veut vivre sa vie. Je n’ai pas assez de mots pour la décrire tant elle constitue pour moi l’un des meilleurs rôles jamais écrits pour une série. Je vous invite donc à le découvrir par vous-même.

Que rajouter de plus ?

How to get away with murder est une série très sombre et plutôt orientée vers un public de jeunes adultes. Elle peut parfois s’avérer très dure et bien que ça soit extrêmement appréciable car très éloigné des traditionnels stéréotypes de séries ados très  « gnagnan », il vaut mieux le savoir avant de rentrer dedans.

La fin ne dessert pas le reste de la série, même s’il m’est impossible d’entrer les détails, elle n’a rien d’une fin typique de série américaine, elle a ici son lot de malheurs (et plutôt de gros malheurs) mais se termine sur une note douce-amère qui conclut magistralement la série, nous laissant tous éffondrés mais satisfaits.

C’est ainsi que je dois aujourd’hui dire au revoir à une série que j’ai d’ores et déjà vue deux fois, qui m’a énormément émue et qui m’a tenue en haleine pendant près d’un an. Je dois ainsi dire au revoir à ses personnages tous plus torturés les uns que les autres, aux étudiants, tous attachants mais aussi tous égoïstes et immatures, à Bonnie et Franck, les assistants d’Annalise, personnages très complexes et intéressants qui seront beaucoup développés au cours de la série (mais je ne peux pas vous en dire plus au risque de vous spoiler), et Annalise, dont je vous ai déjà parlé, interprétée par la charismatique Viola Davis qui crève l’écran.

Il y a beaucoup d’autres choses que j’aimerais dire à propose de ce thriller judiciaire captivant mais ce serait risquer d’en dire trop et en en disant trop, je pourrais nuire à l’essence même du show, basé sur un suspense constamment à son comble. Je vous invite donc une fois de plus à découvrir cette série, qui même si elle comporte des défauts, même si elle n’a rien à voir avec des séries beaucoup plus posées et acclamées par la critique, va vous accrocher dès le premier épisode et ne plus vous lâcher jusqu’au dernier. Quoi de mieux pour occuper ce nouveau confinement ?

Gil Martel

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