Sport français : des larmes de bonheur…

Sport français : des larmes de bonheur…

Pour tout fan de sport, la période du confinement ne fût pas des plus appréciables… Et j’avoue que regarder des rediffusions (cf. Quel(s) dénouement(s) pour les championnats ? Par Simon Bouquerel), ce n’est pas non plus ma came. Alors quand fût l’heure de ce qui ressemblait le plus à une reprise, qui aurait pu penser que nos petits français, dans bon nombre de disciplines, auraient claqué autant d’exploits, de victoires et de sacres ? Oui, oui… le dernier vainqueur masculin à Roland-Garros est toujours Yannick Noah, tout comme Hinault l’est au Tour de France et Prost en Formule 1 mais si l’année 2020 était le prologue majestueux de la décennie à venir ? Retour sur les trois sportifs majeurs de 2020, briseurs des premières disettes.

Quartararo, de poleman à vainqueur

La première victoire du pilote niçois, dans la catégorie reine Del Pozo / Reuters

Après six pole et sept podiums décrochées la saison passée, nous attendions clairement la victoire de Fabio Quartararo, 21 ans. Pour le premier grand prix de la saison, mi-juillet, au GP d’Espagne, il décroche sa septième pole en MotoGP. Après une course tumultueuse, c’est bien le pilote niçois qui brandit son point rageur, une fois la ligne d’arrivée franchie. Il devint alors le quatrième pilote français à remporter un grand prix dans la catégorie reine, succédant à Régis Laconi, en 1999 (Fabio avait alors cinq mois !)… Et quelle plus belle joie procurée que celle d’un gamin de 21 ans, lâchant ses plus belles larmes devant La Marseillaise ? SA Marseillaise !

Fabio Quartararo en pleurs après une période de doute AP Photo

La suite ?

Une semaine plus tard, il est devenu le seul français dans l’histoire a en avoir remporté deux… Avant le troisième, le 27 septembre dernier (photo). Deux Grands Prix sur le circuit de Jerez (GP d’Espagne, GP d’Andalousie) et un sur sur celui de Barcelona-Catalunya (GP de Catalogne) : l’Espagne lui réussit drôlement bien !

À trois grands prix du terme, le pilote niçois est second au classement des pilotes. Il compte quatorze points de retard sur l’espagnol Joan Mir. Alors que Marc Marquez avait déjà plié le championnat la saison passée à cette période, cette fois-ci, ce sera haletant jusqu’à la fin !
Prochain rendez-vous : le 8 novembre pour le Grand Prix d’Europe, à suivre sur Canal+.

« LA VICTOOOOOOIRE DE PIERRE GASLY »

Les belles larmes qu’on aime voir Getty Images

Les frissons indescriptibles pendant le dernier tour et puis… La délivrance. Ils y a alors eu ceux qui lâchent prise, une petite larme en accompagnement, ceux qui n’y croient pas et puis ceux qui perdent la voix (cf. Les commentaires de Julien Fébreau, Canal+).

Parti de la dixième position, on était pourtant bien loin d’imaginer que le français puisse monter sur le podium à Monza (Italie), un circuit rapide où la puissance des moteurs est un atout majeur (et ce qui n’est donc pas à l’avantage des petites écuries).

Changement de gommes précoce, voiture de sécurité, fermeture des stands, drapeau rouge : une multitude de faits qui ont amenée Pierre Gasly (de l’écurie AlphaTauri) troisième puis second après le restart, et enfin premier après la pénalité subie par Hamilton. Avec sa voiture de milieu de tableau, il mènera alors 26 tours de course, prenant le maximum d’avance pour résister à la McLaren de Carlos Sainz jusque dans les derniers instants.

6 septembre 2020 : moment unique, historique… Premier pilote français vainqueur d’un Grand Prix depuis Olivier Panis en 1996, Pierre Gasly n’avait alors que… trois mois. Du haut de ses 23 printemps, il est également le plus jeune vainqueur français. Si on connaît ou si on s’intéresse de plus près au monde de la Formule 1, et en particulier au parcours du pilote normand – surtout sur la dernière année – on prend alors en compte, vraiment, l’immense exploit.

Pierre Gasly accompagné de son trophée et de la fameuse bouteille de champagne
Getty Images

« La suite logique forcément, c’est d’en remporter d’autres et de devenir champion du monde » dixit le jeune français.

Prochain rendez-vous : le 15 novembre pour le Grand Prix de Turquie, à suivre sur Canal+.

Le petit + : Découvrez le monde de la Formule 1 dans Drive to Survive sur Netflix, les deux premières saisons vous plongeront respectivement dans les saisons 2018 et 2019.

Les liserés arc-en-ciel lui vont si bien

La descente est art, Alaphilippe en est son chef de file Czerwinski / Getty Images

Quand les bookmakers placent Alaphilippe (de l’équipe belge Deceuninck Quick-Step) dans les favoris d’une course, vous pouvez vous assurer qu’il ne sera pas loin du groupe de tête !

Cette deuxième étape du Tour de France 2020 était faite pour lui… résultat ? Il attaque dans la dernière difficulté, comme annoncé, et il règle au sprint Hirshi et Yates, les deux seuls coureurs qui avaient pu suivre son attaque et le rattraper. Il n’avait encore remporté aucune victoire cette saison et ce 30 août 2020, après l’avoir porté 14 jours la saison passée, Julian Alaphilippe s’empare du maillot jaune. Ses larmes à son arrivée laissent penser un vrai soulagement de son côté. Et ses bras levés au ciel, une pensée pour son papa, décédé quelques mois plus tôt. Il gardera son maillot trois petits jours avant de s’éclipser dans le peloton pour le reste des trois semaines de course. Il le disait lui-même, ses objectifs sont après le Tour.

Les Classiques qu’il adore mais surtout… Les championnats du monde, SON objectif de la saison : « c’est la course qui me fait le plus rêver » disait-il lui même. Un rêve que peu de férus de cyclisme auront su réaliser en voyant « Alaph’ » lever les bras, en solitaire, sur le circuit d’Imola après son attaque tranchante dans la Cima Gallisterna, là où on l’attendait, encore une fois. Et comme si les disettes brisées par Quartararo et Gasly n’étaient pas assez cette année, Julian Alaphilippe brise celle des 23 années d’attente qu’un français soit champion du monde sur route, depuis le sacre de Laurent Brochard, à San Sebastian.

Beaucoup de poussières dans les yeux sur le podium Getty Images

La suite ? Il s’élance sur les Ardennaises et les Flandriennes, ses courses préférées, en arborant sa magnifique tenue arc-en-ciel. Absent de la Flèche Wallonne (vainqueur à deux reprises) pour se concentrer sur Liège-Bastogne-Liège, il décevra en commettant une erreur de lucidité fatale lors du sprint final, et se fera déclasser cinquième par les commissaires. Il se rattrapera une semaine après sur la Flèche Brabançonne en battant Mathieu Van der Poel, et Benoît Cosnefroy, au sprint. Une nouvelle semaine plus tard, Julian Alaphilippe participe pour la première fois de sa carrière, au Tour des Flandres, sa dernière course de la saison. Déclaré comme apprenti flandrien mais déjà comme grand favori avec les Van Aert et Van der Poel. Il sera en course pour le podium avec ces derniers à 30 kilomètres de l’arrivée, avant qu’il ne percute la moto d’un commissaire.

Triste image du soleil d’Alaphilippe AFP

Bilan : double fracture du poignet et une trêve qu’il va passer avec un beau plâtre.

Il pourra néanmoins courir une seconde campagne de Classiques dès mars 2021, si la situation sanitaire actuelle le permet, avec sa splendide tunique. Et pour sûr, il nous fera encore rêver.

Le petit + : les Monuments du Cyclisme sur Route sont Milan-San Remo (fin Mars), le Tour des Flandres (début avril), Paris-Roubaix (une semaine après), LiègeBastogne-Liège (fin avril) et le Tour de Lombardie (fin octobre).

Le supplément :

– on n’oubliera pas l’épopée parisienne, durant cette fin de campagne de Champion’s League au mois d’août, qui atteigneront la première finale de leur histoire. Ils seront tombés sur plus fort qu’eux, à savoir : le Bayern Munich.

Angel Di Maria après la victoire contre Dortmund devant ses supporters AFP

– on n’oublie pas non plus les trois titres mondiaux en VTT Cross-Country : Pauline Ferrand-Prévot, la récidiviste chez les femmes (qui vient d’être sacrée Championne d’Europe), Jordan Sarrou chez les hommes, accompagné de Titouan Carod sur la troisième marche du podium, et Loana Lecomte chez les espoirs.

Pauline Ferrand-Prévot, multiple championne du monde Bartek Woliński

– Hugo Gaston, LA révélation de ce pauvre Roland-Garros du mois de septembre, dans la grisaille et la froideur parisienne, sans son public.

Hugo Gaston, et si c’était lui ? Getty Images

L’addition :

La reprise du sport n’a fait que confirmer nos espoirs dans les sportifs français d’aujourd’hui et de demain, ceux qui continueront de marcher sur leur monde respectif, et ceux qui briseront, peut-être, les disettes qu’on attend depuis trop longtemps.

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