#CCabuse: la réponse des femmes au cyberharcèlement misogyne qu’elles subissent

#CCabuse: la réponse des femmes au cyberharcèlement misogyne qu’elles subissent

crédit photo: https://www.piqsels.com/en/search?q=the+business+type&page=14

Si vous êtes des utilisateurs réguliers de Twitter, vous n’êtes sûrement pas passés à coté du hashtag #CCabuse. Ce hashtag lancé par Naomy Pablo a pour but de dénoncer les violences verbales extrêmement sexistes subies par une soixantaine de jeunes femmes utilisatrices de l’application CuriousCat par le biais de leur compte twitter.

Mais alors, Curious Cat, qu’est ce que c’est ?

CuriousCat est une application lancée en 2016. Le principe est simple: les utilisateurs déposent sur leur compte twitter un lien menant à leur compte CuriousCat. À l’intérieur de cette page, chacun peut y laisser des messages de manière anonyme sur le profil de la personne souhaitée, qui peut ensuite y accéder et  y réagir par le biais de son compte twitter. Ce qui peut sembler être un bon moyen d’interagir avec ses amis et sa communauté sur les réseaux sociaux (communément appelés mutus, c’est-à-dire qui se suivent mutuellement sans pour autant être amis dans la vie réelle), peut finalement mener à de nombreuses dérives. En effet, l’anonymat que propose l’application offre aux internautes un sentiment d’impunité ainsi qu’une libération de la violence verbale, et cela conduit malheureusement bien souvent au harcèlement en ligne.

Le harcèlement en ligne est pourtant bel et bien condamné par la justice, de deux à trois de prison et de 30000 à 45000 euros d’amende. Malgré cela, seulement une infime partie des personnes responsables de harcèlement en ligne sont condamnée.

Mais alors #CCabuse, c’est quoi ?

L’histoire commence lorsqu’une soixantaine de jeunes femmes reçoivent sur CuriousCat, pour certaines d’entre elles depuis plus d’un an, des menaces de mort, de viols ou de torture par centaines.

Certains messages semblent être d’ailleurs tous les mêmes, ce qui laisse largement penser qu’une seule personne ou un seul même groupe de personnes se trouve derrière l’écriture des menaces. D’autres messages sont personnalisés et font référence aux activités récentes des jeunes femmes sur leur compte twitter, à ce qu’elles y ont raconté.

L’application qui jusqu’ici servait essentiellement à ces femmes à interagir avec leur communauté, souvent pour leur donner des conseils et les aider sans que leurs interlocuteurs ne se sentent jugés, devient un véritable cauchemar.

Beaucoup d’entre elles décident de publier des copies d’écrans des messages reçus, et se rendent finalement compte qu’elles ne sont pas les seules à subir cet acharnement.

Face à la gravité de la situation et de la violence extrêmement anxiogène auxquelles les victimes font face, certaines tentent de porter plainte, mais la police ne prête pas une grande attention à leur parole, et refusent même parfois de prendre leurs plaintes. Aucune réponse non plus de la part du support de l’application CuriousCat. Elles prennent donc la décision de lancer le hashtag #CCabuse afin de dénoncer les propos extrêmement violents prononcés à leur égard.

Ces derniers jours, plusieurs victimes disent avoir reçu sur CuriousCat un lien menant à une vidéo montrant le meurtre d’une femme par décapitation. La vidéo a depuis été supprimée, mais beaucoup d’entre elles ont pu la visionner.

D’après les victimes, cet ou ces individu-s semble-nt avoir une forte haine de la femme. Il paraît alors évident qu’elles ont été choisies pour leurs fortes revendications féministes dans le but de les invisibiliser en leur faisant peur.

L’histoire du #CCabuse nous montre encore une fois que les violences perpétrées à l’égard des femmes ne sont toujours pas prise au sérieux ni par la société, ni par les forces de l’ordre qui ne cessent d’échouer à remplir leur rôle lorsqu’il s’agit d’agir face à ce genre de situation. Aujourd’hui, malgré l’engagement de nombreuses femmes, ces dernières sont toujours les cibles premières du harcèlement, et sont par conséquent, particulièrement touchées par le harcèlement en ligne ; en effet, selon l’ONU, 73% des femmes ont déjà été victimes de cyberharcèlement.

sources:

https://www.rtl.fr/actu/futur/curious-cat-la-nouvelle-application-ou-les-adolescents-echangent-leurs-secrets-7784382493

https://www.demarches.interieur.gouv.fr/particuliers/harcelement-ligne

https://www.unwomen.org/fr/news/stories/2015/9/cyber-violence-report-press-release

https://www.huffingtonpost.fr/entry/curiouscat-harcelees-sur-le-reseau-social-elles-denoncent-une-indifference-generalisee_fr_5ecd467fc5b68bbad062cd82

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