Edito #15 : Pete Buttigieg, ou la carte joker du capitalisme

Edito #15 : Pete Buttigieg, ou la carte joker du capitalisme

Alors qu’il ne reste plus que 9 mois avant les élections présidentielles américaines, les primaires démocrates battent actuellement leur plein afin de déterminer qui aura la chance de se manger insultes et calomnies de la part du président Donald Trump dans une campagne électorale qui s’annonce déjà désolante.

Or, les premiers résultats de cette primaire démocrate ont été plutôt surprenants. En effet, le favori Joe Biden, vice-président sous Obama s’est vu infliger de lourds revers dans l’Iowa et le New Hampshire, seuls états à s’être exprimés pour le moment.

Cet échec de Biden a permis de détacher 2 favoris pour l’investiture démocrate : Bernie Sanders et Pete Buttigieg (à ne surtout pas prononcer quand on a la bouche pleine). Le premier, âgé de 78 ans est bien connu du paysage politique américain, notamment pour être l’incarnation du socialisme aux Etats-Unis, pays où ce courant de pensée est aussi présent que le concept de calme dans les émissions de Pascal Praud. Sanders est aussi connu pour avoir perdu la primaire démocrate de 2016 face à Hilary Clinton.

Cependant, c’est bien sur le deuxième que cet édito (dont l’introduction commence à devenir très longue) compte s’attarder. En effet, à seulement 38 ans, Pete Buttigieg est la surprise de ces deux premiers scrutins. Et bizarrement, il est devenu la coqueluche (je rêvais de placer ce mot dans ma vie) de la bien-pensance élitiste américaine (mais pas que). Il est très souvent montré dans les médias comme LE seul capable de battre Trump, car l’objectif n’est plus d’offrir un projet politique idéal aux Etats-Unis (et donc au monde) mais bien juste de battre Trump. Alors oui, je suis d’accord ça doit être un objectif mais ça reste léger. Dégager un homme fou, raciste, avide de pouvoir et d’argent est une chose nécessaire, mais si c’est pour y mettre un « capitaliste démocrate » qui saura préserver bien comme il faut les logiques néolibérales, ça montre le manque d’ambitions face aux défis sociaux et environnementaux.

Pourtant sur le papier, l’élection de Buttigieg a tout pour être celle du candidat allant dans le sens du progrès : il est jeune, dynamique est issu d’une minorité (il a fait son coming out en 2015). Mais son programme social reste plutôt à droite et tout comme Obama, son élection ne serait qu’un joli symbole pour les minorités mais dans les faits il risque de ne rien changer. Mettre en avant son homosexualité (ce qu’aiment à faire de nombreux médias, notamment français #Konbini) ne doit pas faire croire que sa potentielle élection serait un progrès pour les minorités américaines… Comme si Obama avait changé quelque chose aux conditions de vie des afro-américains.

Bref, si Buttigieg plait, c’est bien parce qu’il représente cette Amérique bien-pensante (ce qui en soit est plutôt quelque chose de positif) mais malheureusement déconnectée des réalités (que Ricky Gervais s’était permis d’atomiser bien comme il faut) qui n’hésite pas à se la jouer cool, décontractée, ouverte d’esprit à l’image d’Obama, Trudeau ou Macron, mais qui ne fait que servir un système toujours plus brutal envers les plus pauvres, les minorités et l’environnement. Donc, oui en surface Bernie Sanders ça ne fait peut-être pas rêver, notamment à cause de son âge qui ferait passer certains dictateurs africains pour des jeunots, mais il a derrière lui des « soutiens » qui le sont également, à l’image de l’élue de la Chambre des Représentent Alexandria Ocasio-Cortez et tout une jeunesse qui a bien compris qu’une rupture nette avec le système actuel était nécessaire. Et au fond Trump ou Buttigieg, les élites s’en fichent puisque les deux sauront préserver le sacro-saint capitalisme.

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