Hommes et femmes: différences sociologiques, biologiques et culturelles

Hommes et femmes: différences sociologiques, biologiques et culturelles

Peu nombreux sont ceux qui l’ignorent, l’homme et la femme sont deux êtres humains qui comportent d’importantes différences notamment physiologiques et biologiques. Cependant, au-delà de ces différences, les hommes et les femmes sont également séparés par des disparités culturelles ou encore sociologiques.

Des différences biologiques

Chaque être humain dispose d’une combinaison de chromosomes, c’est le chromosome Y qui détermine la différence sexuelle (et non pas de genre) chez un individu. Les chromosomes XX font biologiquement de l’individu un être féminin et les chromosomes XY en font un être masculin.

A partir de cela, hommes et femmes ne vont pas évoluer de la même manière physiologiquement. Ils vont développer des anatomies différentes en raison des hormones sécrétées. Tandis que les hommes sécrètent plus d’androgènes (testostérone), les femmes quant à elles sécrètent davantage d’œstrogènes et ce sont ces hormones qui vont permettre de forger l’anatomie de chacun à la puberté.

Seuls l’environnement, l’apprentissage, les expériences vécues ou encore les interactions sociales peuvent modifier la structure du cerveau. On appelle ce phénomène la plasticité cérébrale.

D’après les croyances populaires, les femmes seraient plus émotives que les hommes. Elles pleureraient par exemple plus facilement (30 à 64 fois en moyenne par an contre 6 à 17 fois pour les hommes) et ne réagiraient pas de la même manière face à certaines situations. Mais est-ce vraiment réel ? Et d’où cela vient-il ?

Hommes et femmes: disparités sociologiques

D’après de nombreuses études, les femmes ne sont pas plus émotives, elles expriment juste plus facilement et avec moins de retenue leurs émotions que les hommes qui sont, eux, dans la réserve.

Pour savoir d’où viennent les différences entre hommes et femmes il faut donc ainsi voir plus loin que la biologie puisque c’est la société qui nous conditionne à agir et penser en fonction de notre sexe.

Cela est dû en grande partie à un phénomène que l’on appelle «Socialisation ». La socialisation est un processus d’intégration par les individus de normes et de valeurs grâce à l ‘école, la famille (socialisation primaire, durant l’enfance et l’adolescence) ou encore le travail (socialisation secondaire, à l’âge adulte).

Pendant l’adolescence, lors de la puberté, les garçons intègrent des normes et des valeurs différentes de celles des filles. Ils intériorisent une image d’hommes stoïques et impassibles qui va s’endurcir avec les années. Selon la professeure de neuroscience Lise Eliot, à 16 ans, les garçons auraient 40 % de chances en moins de pleurer que les filles.

Ainsi alors que l’on va apprendre aux garçons à ne pas pleurer et leur offrir des ballons de foot, les filles vont elles recevoir plus d’attention et on va les pousser à éviter les bêtises, les imprudences, les chutes parce que ce sont « des filles ». Cela a donc des conséquences sur le long terme. Les hommes développent une attitude beaucoup plus impassible, ils montrent moins leurs sentiments, leurs émotions car ils ne doivent jamais paraître « faibles ». Les femmes pour leur part expriment plus facilement et sans gêne particulière ce qu’elles ressentent, ce qui les amène à être perçues comme des êtres plus « faibles » car plus enclins à être manipulés psychologiquement.

Les hommes et les femmes gèrent donc différemment les problèmes psychologiques, les hommes étant par exemple moins sensibles à la dépression que les femmes. Ces différences génèrent également  des conflits au sein du couple et dans la sexualité. Les hommes sont conditionnés depuis tout petits à moins respecter les règles que les femmes (ils sont moins réprimandés lorsqu’ils font certaines bêtises puisqu’il est « normal » que les garçons soient « casses-cous »). Cela va se traduire par beaucoup plus d’infidélités que les femmes, leur culpabilité et leur rapport aux normes et aux valeurs étant différent. Les femmes, elles, sont beaucoup dans la communication (80% des demandes de conversations dans un couple viennent des femmes). Elles aiment et ressentent le besoin de parler, d’échanger pour résoudre les problèmes, les hommes ont eux  tendance à moins écouter ce qu’on leur dit.

Les conséquences de cette socialisation différenciée

Cette socialisation subie par chaque genre a une grande part de responsabilité dans les inégalités sociales entre les hommes et les femmes. La créativité, plus sollicitée chez les petites filles,(notamment avec les arts plastiques ou la danse) entraîne les femmes à s’orienter davantage vers des études littéraires (75% de femmes dans les classes littéraires contre 30% d’hommes).  Les hommes eux, poussés à développer leur esprit logique vont s’orienter plus facilement vers des études scientifiques.

Les femmes occupent souvent des postes moins élevés que les hommes dans le monde du travail, elles intériorisent dès leur plus jeune âge un stéréotype féminin de douceur et de passivité qui les poussent à accepter une position subordonnée aux hommes qui eux,  sont conditionnés à la force et à l’action les conduisant à occuper des postes plus élevés. Les femmes sont pourtant tout aussi qualifiées que les hommes mais leur socialisation les conduit  à se restreindre elles-mêmes (théorie du plafond de verre). Bien sûr, même si la socialisation genrée explique en partie ce phénomène, elle n’exclut pas néanmoins la pure et simple discrimination que subit le genre féminin.

Au sein du couple et de la famille, la répartition des tâches ménagères est également révélatrice. La femme étant habituée depuis toute petite à jouer à des jeux calmes, à imiter leurs mamans en jouant à la poupée, à la marchande, vont davantage s’occuper de la cuisine, du ménage ou des enfants alors que les hommes à qui l’on a appris à développer leur force,  à être « casse-cou » vont effectuer les taches nécessitant de la force physique et/ou comportant un certain risque (comme le bricolage par exemple). Ils s’orienteront aussi plus facilement vers les taches valorisantes, ayant une estime d’eux-mêmes généralement plus élevée que celle des femmes. 

Le sexisme est une conséquence directe de la socialisation genrée telle qu’elle existe, il peut aujourd’hui être qualifié d’institutionnalisé puisque tout contribue à cette socialisation différenciée qui entraîne de fortes égalités sociales entre les hommes et les femmes : les couleurs et les formes des jouets, les médias (qui mettent par exemple beaucoup plus en avant le sport masculin que le sport féminin), les publicités… Pour éliminer les très fortes discriminations que subissent les femmes mais aussi les agressions, la violence qu’elles subissent,  il faut détruire tous les stéréotypes qui nuisent au développement des enfants dès leur plus jeune âge. Les enfants n’ont en effet pas à apprendre leur place dans la société, au travail, dans leurs études, dans leur couple, en fonction de leur sexe biologique.

Gil Martel

Sources:

https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=differences-cerveaux-feminins-et-masculins

https://www.yvondallaire.com/articles/les-differences-psychologiques-et-comportementales-entre-les-hommes-et-les-femmes/

https://www.psycho-ressources.com/bibli/1001-differences.html

https://www.alexandrecormont.com/vie-de-couple/difference-homme-femme-entente/

https://www.inegalites.fr/Femmes-et-hommes

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/07/les-inegalites-hommes-femmes-en-12-chiffres-et-6-graphiques_5090765_4355770.html

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