Le 5 décembre vu de Lille

Le 5 décembre vu de Lille

A Lille, en ce 5 décembre 2019, ils étaient 30 000 selon la CGT, 13 000 selon la préfecture du Nord. Comme d’habitude, on a eu le droit à notre fameux grand écart facial concernant le comptage des manifestants. Mais que l’on retienne le chiffre de la CGT ou celui de la préfecture, on retient surtout une chose : il y avait beaucoup de monde !

photo : Simon Bouquerel

Le rendez-vous était donné à 14 h 30 Porte de Paris, lieu traditionnel des départs de manifs lilloises. L’impression pour moi était assez inédite : une odeur de poudre et de fumigène flottait dans l’air. Mais surtout : le lieu était noir de monde. Il m’a fallu 20 bonnes minutes pour trouver le cortège étudiant. Le temps de slalomer entre les retraités, les enseignants, les pompiers, les cheminots, la CGT, la FSU, le PCF, Génération.s, Europe Ecologie et même le PS (si, si), j’ai enfin trouvé mon cortège après avoir slalomé et m’être fait percer les tympans à grands coups de pétards.

Le cortège est quant à lui parti avec un certain nombre de minutes de retard. Cependant, les pompiers avaient lancé la journée avec une manif sauvage. Ces mêmes pompiers qui ont d’ailleurs été les « têtes d’affiche » de la manifestation lilloise, souvent en tête et acclamés et applaudis par l’intégralité du cortège. Mais la noblesse de leur profession ne les a pas empêchés d’être durement réprimés. D’ailleurs, s’il n’y a pas eu « trop » de débordements policiers, c’est bien un pompier qui a été blessé à la tête par un policier.

La marche vers République s’est quant à elle passée de manière plutôt calme et festive (ambiance assurée par la « playlist officielle CGT »). Ambiance familiale même avec la présence de nombreux enfants accompagnant leurs parents dans le cortège. La performance du jour revient quant à elle aux quelques manifestants qui ont réussi à grimper dans la grande roue de la Grand Place pour y craquer des fumigènes. Également pour divertir et mettre de l’ambiance dans le cortège, était présent et niché sur un poteau, le PAP’40 de l’Eglise de la Très Sainte Consommation, personnage satirique, bien connu des mouvements sociaux lillois, interprété par le comédien Alessandro di Giuseppe qui haranguait la foule en vantant ironiquement les bienfaits de la consommation

Après avoir écumé les principales grandes rues lilloises, le cortège est arrivé sur la place de la République, point de fin de la manifestation. Mais avant que chacun rentre chez soi, l’un des organisateurs de la manif prend le mégaphone pour faire une annonce révoltante : lors d’un moment où les forces de l’ordre encerclaient le regroupement, une poignée de manifestants sont allés demander aux policiers si l’un de leurs camarades pouvait quitter la zone encerclée car son fils de 13 ans qui l’accompagnait se sentait mal. Après négociations, les policiers ont accepté. Or, une fois que les manifestants ont eu le dos tourné, les policiers ont impunément frappé l’individu sous les yeux de son fils avant de l’embarquer au poste de police. A cette annonce, une poignée de manifestants ont fait le choix de partir en manif sauvage devant le commissariat central de Lille, faisant terminer cette journée avec quelques heurts.

Simon Bouquerel

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