Portrait d’artiste #1: Grand Corps Malade, espoirs adaptés

Portrait d’artiste #1: Grand Corps Malade, espoirs adaptés

Ces derniers temps, on a beaucoup parlé de La Vie Scolaire, ce film resté premier au box office en France pendant deux semaines consécutives, faisant de l’ombre au dernier Tarantino (dans lequel on pouvait retrouver notamment Brad Pitt, Leonardo Di Caprio et Margot Robbie, rien que ça). Aujourd’hui, je voudrais vous parler, au-delà du film, d’un de ses réalisateurs, Grand Corps Malade.

Originaire de la banlieue, Fabien Marsaud (de son vrai nom) tend à mettre en avant cette zone à travers son art, d’abord pour détruire «les clichés de journalistes» qui lui sont rattachés. La Vie Scolaire dépeint sa banlieue, comme il la connait et comme il la décrit dans son slam, une banlieue où «on devient sportif, artiste, chanteur mais aussi aussi avocat, fonctionnaire ou cadre supérieur» mais une banlieue trop souvent critiquée et délaissée par les politiques publiques. Grand Corps Malade est avant tout engagé, engagé pour les Zones d’Education Prioritaires, contre les inégalités, pour les réfugiés et pour tant d’autres choses. Il cible le problème et le dénonce, sans détour, sans métaphore, comme en 2018 dans sa chanson Patrick où il s’adresse directement à Patrick Balkany et dénonce ses actions et les inégalités de la justice, lorsqu’il déclare par exemple «Y a pleins de p’tits frères en prison pour des conneries, des p’tits trafics, toi tu croules sous les affaires mais t’es élu d’la République». Et il ne va pas s’arrêter là, puisque sur sa chaine Youtube on peut le voir interpréter son titre dans les rues de Levallois-Perret, ville dont Patrick Balkany est le maire depuis 2001.

Grand Corps Malade, c’est la confrontation, la dénonciation mais avec classe, avec talent, avec poésie, avec subtilité. Dénoncer ses propres comportements face aux migrants au feu rouge ? Il le fait. Écrire une chanson en une nuit après les attentats de Charlie Hebdo pour rendre hommage aux journalistes ? Il le fait. Reprendre une œuvre de Shakespeare et l’adapter pour raconter les conflits de religion ? Il le fait. Remettant en question les politiques, les hommes et lui-même, Grand Corps Malade pousse à la réflexion à au changement des mœurs et des comportements pour tendre à une société plus juste et plus tolérante.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *