Dialogue – Fragments de vie #7

Dialogue – Fragments de vie #7

-Je pense que ce qui peut tout changer, c’est une rencontre.

-Mais je trouve ça effrayant en quelque sorte, parce que ça voudrait dire que le bonheur dépend d’une personne. Je crois bien qu’on ne se suffit pas à soi-même et qu’on a besoin de liens pour être épanoui, mais je n’avais pas pour habitude de penser qu’être heureux devait être lié à l’amour. Vous pensez que c’est le cas ?

-Dans le Pacte des Marchombres, c’est une des problématiques. ‘’Faut-il s’attacher aux gens alors qu’ils peuvent à tout moment vous être arrachés ?’’
Plus tard elle trouve une réponse. ‘’On s’attache aux gens parce que la peur d’être seul est plus forte que la peur de les perdre.’’ Je ne suis pas vraiment de cet avis. Je suis d’accord avec toi, ça peut dépendre des personnes, mais personnellement malgré mon amour de la solitude j’ai besoin d’être avec les gens que j’aime pour me sentir sereine et un minimum heureuse.
Et récemment, j’ai rencontré la personne qui change tout. Avec lui je me sens vivante, vraiment, j’ai l’impression que mon cœur se remet à battre. Je ressens du bonheur. Pas de la joie, pas de l’euphorie, mais du bonheur. Et cette sensation est tellement rare… Se sentir à sa place, ça ne m’arrivait jamais, mais avec lui oui. Je ne me sens pas gauche, laide, maladroite. Je ne me sens pas morte intérieurement, je ne me sens pas maussade, ni lassée. Avec lui, c’est… Comme si depuis des années je regardais tout en dégradés de gris. Que quelques personnes passaient, amenant un peu de vert par-ci, un peu de jaune par là, des notes de bleu, une coulée de violet, mais ternes. Et là, monsieur arc-en-ciel se pointe et repeint tout mon univers. Tout ça pour dire que, personnellement, je trouve mon bonheur avec les autres, lui en particulier. Mais je pense sincèrement qu’il n’est pas nécessaire que ce soit de l’amour… Amoureux.
L’autre personne qui avait un peu repeint mes murs, c’était ma meilleure amie. Lui, il a fait exploser ces murs, mais elle a su amener son aura dorée et parer mon monde de teintes légères. Esther. Elle aussi elle fait partie de cette catégorie de gens magiques, d’étincelles, et tu ne peux que prier pour qu’elles s’attardent près de toi. Mais c’était moins fort, moins intense.
Quand je discute avec des gens parfois, je ne me sens pas trop déplacée, en trop, non, on parle et ça m’intéresse. Mais j’ai l’impression que ma planète est tellement loin. Que je suis dessus, que je m’éloigne, m’éloigne, jusqu’à perdre ces gens de vue. Ces gens avec qui je partage une discussion mais rien d’autre. On ne… Pense pas de la même façon, disons. Même avec Esther, parfois, on est sur des planètes opposées. Disons que c’est une voisine. Sa planète est assez proche pour qu’on communique par télépathie mais parfois il y a des interférences. De temps en temps, nos planètes font chacune un bond de plusieurs années-lumière, et on perd du temps à essayer de retrouver l’autre. Et puis un jour
je me suis retournée
et j’ai vu qu’on était deux sur ma planète.

C’est fou, complètement fou. Quand on me parlait du prince charmant je n’imaginais pas un prince comme ça. Je l’imaginais sans doute paré de qualités. Mais je n’avais pas réfléchi à cette connexion mentale. Dire les choses c’est formidable, et je ne m’ennuie pas avec lui, parce qu’on parle la même langue. Mais quand d’un simple regard on peut se raconter tout ce qu’on a sur le cœur…

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