Individualiste – Fragments de vie #3

Individualiste – Fragments de vie #3

e n’aime pas les travaux et sports de groupe. Je suis un peu perfectionniste et je n’aime pas l’idée de confier certaines tâches à d’autres gens, parce qu’au fond j’ai du mal à faire confiance et je suis très « Ils ne vont pas le faire comme j’aimerais que ce soit fait ». Je n’aime pas les sports collectifs pour cela aussi. De toute manière je ne suis pas très douée avec un ballon, je sais juste me démarquer. Trop, je présume. J’accorde difficilement ma confiance aux gens. Avant, c’était trop vite. A croire qu’on tire vraiment des leçons du passé. Donc, quand on doit se répartir les tâches, j’ai besoin de refaire tout toute seule (lorsque le projet m’intéresse aha) pour être sûre d’avoir bien emmagasiné les informations, et que le travail était bien réalisé en tous points.

———-

Sous une douche.

L’eau chaude, c’est salvateur, ça me remet les idées en place.

———-

Tourbillon

Et ça tourne, ça tourne, je tente de sortir ou au moins de regarder dehors, mais opacité totale. Encore, encore, encore seule accompagnée* dans ma détresse. *j’avais écrit seule mais il l’a gribouillé, il n’est pas d’accord. Qu’il barre mon « seule » et le remplace par accompagnée me fait croire qu’il est sincère et ça fait tellement, tellement, tellement de bien. Ça change tout dans ma tête, et ça me montre que je ne suis pas tellement abandonnée dans le cyclone. Pas seule. On est deux sur ma planète.

———-

Mauvaise humeur,

C’est fou comme je peux changer d’humeur en une fraction de seconde. Lunatisme. Et là, je suis déprimée. Dans une heure, je serai ravie, doucement euphorique. Dans quatre mois, je pleurerai peut-être. Le pire, c’est de ne pas savoir pourquoi. Il n’y a aucun élément déclencheur.

———-

Je suis en train de regarder le sketch d’Antonia de Rendinger sur l’épilation. Tiens donc, à chaque fois que je ris en ce moment je me dis que ça fait longtemps que je n’ai pas ri. L’hiver peut-être ? J’aime l’hiver, le vrai. La neige pâle et pure. La brume matinale. Les toiles d’araignées décorées de rosée givrée. Pas cette parodie d’hiver à laquelle on a droit depuis quelques années. Froid mais pas de neige. Grisaille, pas de soleil d’hiver. Ça me déprime.

———-

Je me suis brisé le dos hier. La douleur m’a réveillée à 3h. Après 15 minutes à hurler et à pleurer en cherchant vainement une position qui ne me faisait pas mal, j’ai essayé de me lever histoire d’aller chercher un doliprane et une bouillotte. Je me suis traînée tant bien que mal hors de ma chambre. Je tentais de réprimer les cris de douleur. Impossible. Impossible également de descendre les escaliers. Donc je me traîne, assise après avoir descendu trois marches. Mes parents m’entendent, arrivent de leur chambre en me demandant ce qu’il y a. « J’ai mal au dooooos », me plains-je entre deux violents sanglots. La journée suivante, (aujourd’hui) je me sens comme une petite vieille. Douleeeeeuuuur. J’ai

mal. Je marche courbée je souffre de partout. J’ai des crises, où je me tords de douleur par terre. Tout mon corps est une boule de souffrance. Parce que je n’ai pas mal que dans mon dos évidemment. Mon coccyx est mort, mon ventre également. Je ne comprends plus grand-chose à ce qui se passe. J’ai mal. Je n’arrive pas à penser autre chose parfois. J’ai mal. That’s all. Le nom du monde était souffrance.

———-

Je recommence à regarder How I Met your Mother. L’épisode où Robin apprend qu’elle est stérile. Elle n’a jamais voulu d’enfants, elle n’en veut pas, mais le fait de savoir qu’elle ne peut pas en avoir la blesse. Des fois je m’imagine que je le suis aussi. Ce serait drôle, non ? The girl who wants to have a baby since her childhood, she can’t get pregnant. Impossible de dire ça autrement. Ça me fait tellement de bien de regarder cette série. C’est… Drôle, et plein d’espoir.

———-

Il est revenu de chez son père. Comme d’habitude, inquiétude. Il m’a dit qu’il revenait pour 18h donc jusqu’à 19h je n’ai cessé de m’interroger. Accident ? Incident ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Il est revenu et tout va bien so…

———-

Barney. Barney is so cute. And Lily and Marshall are one of the cutest couples. J’ai envie de regarder cette série avec doudou. C’est un peu nous. No, no, clearly he is not Marshall aha. But I think I’m a kind of Lily. We have some things in common. AAAAAAAAAAAAH, THIS F****** YELLOW UMBRELLA. Je ne sais toujours pas ! Les critiques disent que la série est géniale mais que la fin est vraiment mauvaise.

———-

Ellana. Please, just… Ellana. Sometimes I want her. Sometimes I’m dying to hold her. But… No, I’ll tell that in french. Il y a peu de temps, j’ai fini la seconde plaquette de ma pilule. Comme la première fois que j’ai eu mes règles depuis que je prends la pilule (oui, ce texte va être impudique au possible), j’ai eu quelques jours de retard. Puis j’ai eu mes règles, nanana, sauf qu’elles ont duré un jour, un jour et demie. Coup de flip immédiat. Je me demandais ce qui n’allait pas. Comme d’habitude, j’en ai parlé à Esther, et comme d’habitude elle m’a fait peur en me disant que c’était peut-être un signe d’un cas rare comme… Une grossesse ahaha. La dernière fois que je lui avais parlé de mes problèmes de règles un peu étranges, elle m’avait dit que c’était sans doute un signe de stérilité. Bon. Donc là, cette histoire de grossesse, je me pose des questions. J’avais tellement peur. Il me propose donc d’aller voir l’infirmière le plus vite possible. Alice, l’adorable Alice vient avec nous. Pareil pour Guillaume. Ça fait du bien d’avoir du soutien. Bref, go chez l’infirmière. Il a pris les devants et… Il a tout expliqué. L’infirmière a été très rassurante, tout ça, adorable. Elle m’a fait faire un test de grossesse. C’était gênant mais tellement rassurant. Négatif. Ouf. Parce que j’ai passé la matinée à stresser. Je me demandais quoi faire si j’étais vraiment enceinte. Je savais que garder, avoir, peu importe, un bébé à cet âge, serait horrible et que je le regretterai toute ma vie. Toute sa vie. J’aimerais tellement la garder loin de l’horreur du monde. Avoir une mère de 15 ans son aînée ne l’aiderait clairement pas. Je veux l’avoir assez tôt pour partager des choses avec elle, mais assez tard pour apprendre à faire les choses correctement. Pour être une bonne maman ? Mais avorter…. Je savais que ça aussi je l’aurais regretté. Vraiment. Putain, j’ai les larmes aux yeux rien que d’y penser.

———-

« You’re not stealing me. I’m choosing you. » Il, c’est exactement ça. You’re my Lebenslangerschicksalsschatz. (voir HIMYM S08E01). Tu ne m’as jamais volée à qui que ce soit, tu ne m’as pas prise à lui. Je t’ai choisi ! Je t’ai choisi et je t’aime. Et je t’aime depuis le début. J’ai culpabilisé pendant que j’étais avec lui mais amoureuse de toi. J’ai culpabilisé après l’avoir quitté parce que même si notre relation n’a jamais été solide ou quoi que ce soit, il en souffrait alors que j’étais follement heureuse avec toi. Je culpabilise encore. Parce que je t’ai aimé dès le début. Dès la première seconde, chéri.

———-

Bon, diagnostic : j’ai une infection rénale. Une pyélonéphrite. Génial, dernière semaine avant les vacances de Noël, je suis seule chez moi. J’ai du mal à me lever, du mal à réfléchir. Je me gave de How I met your Mother, je ne me lève presque plus. Je suis dans le lit de mes parents et je ne bouge pas. C’est très douloureux. J’ai fait des analyses, des radios… Aujourd’hui je suis sous antibios. Anti-bio. Ahaha.

———-

C’est fou comme regarder des séries en VOSTFR vous apprend des choses. Par exemple, au delà du fait que ça développe l’anglais, on apprend le « langage des séries ». Tu traduis toi-même ce que disent les personnages, et tu t’aides de la traduction pour les mots de vocabulaire qui te sont inconnus. Mais en plus de ça tu dois utiliser ton cerveau pour corriger la traduction. Parfois la traduction dit vous alors que le tu serais plus approprié (pour ceux qui n’ont pas suivi, vous et tu se disent tous deux you. Ça semble quand même un peu évident). Parfois, c’est les expressions et les blagues qu’il faut comprendre par soi-même.

———-

La nouvelle chanson d’Olivia Ruiz, mon Corps mon Amour, me laisse totalement perplexe. Sa voix est un peu nasillarde, clairement pas la beauté pure et cristalline de sa reprise de J’envoie Valser. Pas encore d’explication du titre par Olivia Ruiz pour le moment, j’ai l’impression qu’elle envoie un appel à l’aide à son conjoint (?) avec qui ça ne marche plus. L’un des couplets, « Mon corps se console mon amour ; Il reprend vie contre un autre velours » sous entendrait qu’elle va chercher ailleurs puisqu’il ne la touche plus et qu’elle est… Je ne sais pas quel sentiment se dégage de la chanson. La frustration ? Certainement pas le regret. Sans doute un peu de défi aussi. Ça me déprime un peu alors je viens de lancer Toi et moi de Tryo. Le nombre de fois où j’ai écouté ça. Le nombre de fois où j’ai chanté ça avec mon papa. Maintenant je comprends les paroles. J’aime toujours autant le clip.

Ce matin, j’attaque un autre jour

Avec toi mon amour

Cette journée durera toujours on en fera jamais le tour…

Toi et moi

Dans tout ça

On apparaît pas, on se contente d’être là

On s’aime et puis voilà on s’aime

Toi et moi

Dans le temps au milieu de nos enfants

Plus personne, plus de gens, plus de vent, on s’aime.

———-

Mon dos fait extrêmement mal quand j’éternue.

———-

Est-ce que vous avez déjà dit « Je t’aime » trop tôt, une fois dans votre vie ?

———-

Je viens d’écouter la version entière de « P.S. I love You » de Robin Dagger. Étrangement j’aime bien. On dirait une version hard de ce que j’écoutais enfant et que je n’assume plus aujourd’hui.

———-

Après lui avoir raconté un épisode de ma vie, je crois avoir réalisé d’où vient cette douce folie autour d’une enfant. J’ai déjà écrit une rédaction là-dessus en 4ème, que je vais essayer de retrouver. J’ai enregistré cette conversation au téléphone également, ce sera sans doute plus parlant de faire un montage. Les paroles venaient seules et l’émotion aussi. Mais pour résumer, je me suis retrouvé avec sept chatons d’une semaine orphelins sur les bras, et j’ai dû m’en occuper. J’ai clairement manqué à mes engagements, mais là n’est pas la question. Le fait de voir ce chaton hurlant, capricieux, insupportable, dans mes bras avec un biberon dans le bec m’a bouleversée. Il me regardait avec des yeux tellement humains. Qu’est-ce qui différencie un bébé d’un chaton dans ce genre de moment ? Le bébé va juste devenir quelqu’un d’humain avec qui on pourra avoir une relation incomparable à celle qu’on aura avec un chat, mais dans le moment présent ils sont les mêmes. A une petite mais bouleversante échelle, j’ai vécu une infime expérience maternelle et j’en suis immédiatement et irrémédiablement tombée amoureuse. La sensation de… De le protéger, la tendresse, l’affection. Le monde lacté, crémeux. Après avoir abandonné ce chaton et ses frères et sœurs, parce que c’est ce que j’ai fait, clairement, j’ai eu des périodes de manque extrêmement violentes parfois. Je caressais l’idée d’avoir un enfant. Chaque seconde je savais que j’allais en suer et chaque seconde j’en avais envie. Je savais, je sais que je l’aimerai plus que ma vie, plus que tout. Mais que j’étouffe vos doutes dans l’œuf. Je ne compte pas une seule seconde avoir cette petite princesse avant un bon moment. Je ne veux pas qu’elle ait une vie troublée par une enfant qui a voulu être mère trop tôt, premièrement. Et puis je veux vivre. Je ne veux pas m’encombrer d’un petit être humain avant d’avoir vu et vécu. Je veux profiter de ma jeunesse ! Attendons le bon moment, rien ne presse. Elle est là, dans ma tête, dans mon coeur, dans nos cœurs. Elle sera là un jour. Pas aujourd’hui, pas demain. Un jour après des tas d’expériences diverses.

———

Elle pleure en classe. Je la prends dans mes bras, elle ne veut pas en parler. Je ne la connais pas tellement en même temps. Parfois ça permet de se lâcher, juste d’être dans les bras de quelqu’un. Je me dis qu’elle s’est peut-être séparée de son copain. Je replonge dans ma propre rupture. Je me dis que si ça se trouve, elle repense à tous les bons moments. Ça tue d’y repenser et de se dire que ça n’arrivera plus jamais.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *