Drogue: entre vision “romantisée” et réalité

Drogue: entre vision “romantisée” et réalité

On trouvent les drogues dans plus de 782 films, volant parfois la vedette aux acteurs principaux, mais aussi dans un nombre incalculable de chansons, que l’on peut tous les jours entendre à la radio. Une vision “romantisée” de sa consommation y est exposé, dans un contenu de plus en plus accessible. Des années 60 à aujourd’hui, la vision de sa consommation, bien que toujours “romantisée”, à énormément évolué. Cette vision naît et évolue à l’intérieur des Etats-Unis, et rayonne dans le monde entier. Tentons de voir la manière dont cette vision évolue au fil des décennies.

Début des années 60, aux Etats-Unis, le Code Hays est aboli. Ce code était une loi américaine d’autocensure prohibant la diffusion d’images de consommation excessive de stupéfiants, de violence et de sexualité. Sort alors le film “Easy Riders” emblème de la génération hippie des années 1960-1970. Le film est couronné de succès, et les producteurs se lancent dans le marché des films abordant cette vision « romantisée » de la consommation excessive de drogue. Les méthodes de distorsion d’images se sont développées et sont largement utilisés pour donner l’impression au spectateur d’être “sous influence”.

Grâce à une étude réalisée par addictions.com, on peut observer une augmentation des références aux drogues et à leur consommation dans la musique à partir des années 60 également, poussé notamment par le mouvement hippie de l’époque. De nombreux artistes, à l’image de Jimi Hendrix, The doors, Janis Joplin font références aux drogues dans leur chansons, dépeignant cet élément de leur quotidien comme une source de créativité et d’inspiration, mais également de libération permettant un nouveau regard sur le monde qui les entourent. La chanson Light My Fire de The Doors dépeint par exemple le quotidien du chanteur Jim Morrison et de sa consommation de Cannabis.
“You know that it would be untrue, you know that I would be a liar, if I was to say to You, girl, we couldn’t get much higher”La nouvelle vision exposé par ces milieux artistiques, entraînent de nombreux bouleversements, ayant encore aujourd’hui une importance majeure, notamment chez les jeunes sur la manière de consommer des substances illicites. Cette nouvelle culture ne se démode pas, et les références aux drogues se multiplient durant plusieurs décennies comme l’indique l’étude réalisée par addictions.com, et ce n’est qu’à partir de 2013 que le nombre de références commence à décroître.

Si jusque là, la drogue ainsi que sa consommation représentait une contre culture au système de la société industrielle Américaine, avec la fin de la vague hippie, la consommation de marijuana et de LSD est en large recul parmi les jeunes des classes moyennes et supérieures. La consommation de drogues est alors largement diffusée dans les milieux populaires. Cette migration de la consommation entraîne un changement de la vision sociétale envers la drogue, qui devient dans les années 80 le symbole de la “mort sociale”.

Ce sont donc les jeunes de milieux populaires qui deviennent les principaux consommateurs de drogues, c’est de cette époque que ressors l’expression “galère”. Ce changement radical est largement visible dans l’art diffusé à cette époque. La chanson Mr. Brownstone de Guns N’Roses décrit la “galère” des personnes consommatrices d’héroïne, dont ils aimeraient se détacher, sans succès.
“We been dancin’ with mister Brownstone, He’s been knockin’, He won’t leave me alone.” Mr Brownstone.” (Brownstone étant une expression commune désignant l’héroïne) La vision jusqu’ici “romantisée “ de la consommation de drogue devient de plus en plus démonstratrice de la réalité, et sa dangerosité devient de plus en plus exposé. Cependant, le slogan “sex, drugs and rock n’roll”, rendu populaire à la fin des années 70 par l’artiste Ian Dury reste très populaire et continue de diffuser une vision idéaliste de ce mode de vie dont de nombreuses personnes rêvent en secret.«Sex and drugs and rock and roll Is all my brain and body need Sex and drugs and rock and roll Are very good indeed”La vision de la consommation de drogues devient alors paradoxale: en effet, celle ci dépeint de plus en plus sa dangerosité pour le corps et le mental, mais continue de faire rêver de nombreuses personnes. L’engouement à cette époque pour les nombreuses débâcles et actes de débauche du groupe Guns N’Roses montre l’intérêt de la population pour ce mode de vie.

Les célébrités d’Hollywood, les athlètes professionnels ainsi que les rock stars sont friandes de cocaïne, qui devient la drogue récréative la plus utilisé durant cette décennie.. La fin des années 80 est une crise général autour de la drogue suite aux nombreuses overdoses subies par les consommateurs. La popularité de la cocaïne s’efface, mais celle de l’héroïne augmente dans les années 90, et le nombre d’overdoses croit. Le look ‘heroin chic”, qui se caractérise par une peau pâle, des cernes prononcés et une structure osseuse angulaire se développe.

Aujourd’hui, la consommation de drogue reste très populaire malgré les tentatives du gouvernement américain pour freiner sa propagation. Elle est aujourd’hui vue comme un fléau qui stigmatise toujours plus chaque jour une population jeune, pauvre et défavorisée. Une majorité de personnes continuent de voir la consommation de drogues comme une manière de vivre comme une rock star, et les paroles de la chanson « Die like a rock star » de Danny Brown illustrent parfaitement ces propos.
“Sniffing Adderall off the counter in my kitchen tripping off the shit that had Brian Wilson flipping […] And I’m die like a rock star” (Adderall est un psychostimulant constitué d’une combinaison de quatre sels d’amphétamine)

 Cependant la consommation de drogues ne date pas des années 60, puisque dès la fin des années 1830, des écrivains tels que Charles Baudelaire ou Théophile Gautier ont recours à des substances euphorisantes comme une source d’inspiration, et beaucoup d’autres avec le cannabis depuis des millénaires, l’abolition du code Hays aux Etats-Unis a largement participé à l’expansion de la consommation de stupéfiants. L’Américanisation du monde à permis à cette culture de se répandre à travers une majorité des pays du monde, dans lesquels aujourd’hui, les consommateurs de drogues se trouvent partout.

sources:
https://www.revuedesdeuxmondes.fr/nous-vivons-dans-societe-addictogene/
https://espritsimple.com/?p=3586
https://www.addictions.com/explore/drugs-in-music-analyzing-drug-references-in-musical-genres/
https://www.scienceshumaines.com/regards-sur-la-drogue-de-la-beat-generation-aux-cites_fr_11201.html

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *