Foot : retour sur les compétitions françaises (2/2 : les flops)

Foot : retour sur les compétitions françaises (2/2 : les flops)

Après être revenu sur les tops de la saison 2018-2019 de la Ligue 1, la Ligue 2 et des coupes, il est temps de passer du côté obscur du terrain, et de se pencher sur ce qui n’a pas marché, de mettre en lumière tous ces clubs, ces joueurs qui se sont, d’une manière ou d’une autre totalement foiré.

Ligue 1

Marseille : « Champions échec »

On commence à se demander quand est ce que ça prendra. Arrivé en 2016, l’homme d’affaires américain Frank McCourt promettait monts et merveilles au club de la cité phocéenne à travers le désormais célèbre « Champions project », un projet qui devait apporter gloire à l’OM, mais qui n’a fait que rapporter railleries. Cette saison 2018-2019 aura d’ailleurs été la pire de l’ère McCourt. Si l’an passé, les marseillais avaient réussi une belle performance en allant jusqu’en finale de la Ligue Europa, ils ont quitté dès le premier tour et ont terminé 5e du classement, entrainant une non-qualification pour compétition européenne pour la prochaine saison. Alors qu’est ce qui a pêché ? Tout d’abord il y a le mercato complètement manqué. Une fois de plus, les dirigeants marseillais ont refait l’erreur de miser sur des joueurs quasiment inconnus de différents championnats étrangers (Caleta-Car, Radonjic…). Ensuite il y a eu la totale roue libre du coach Rudi Garcia. Si ce dernier est incontestablement l’un des meilleurs entraineurs français, nombre de ses choix ont été à juste titre critiqués. Enfin, les derniers responsables sont les joueurs, qui ont pratiqué un football comment dire ?… Particulier. Malgré sa victoire en Coupe du Monde, Adil Rami est passé totalement à côté de sa saison. Idem pour Steve Mandanda. Ajouté à cela un Kévin Strootman bien loi de son niveau lorsqu’il jouait à la Roma et d’un Mario Balotelli, recruté en janvier, qui a fait un bon match avant de s’évaporer, et cela vous donne des performances qui parfois frisent le ridicule. Sans parler du grec Kostas Mitroglou, véritable risée des fans de foot, que l’OM a réussi à refourguer au club turc de Galatasaray. Club qui cherche déjà à se débarrasser du joueur.

Nantes : Waldemar, Kita appris le respect ?

Derrière ce jeu de mots incroyable ou foireux (selon votre appréciation) se cache une histoire tragique, celle d’Emiliano Sala, le buteur nantais tragiquement décédé dans un accident d’avion le 29 janvier dernier, alors qu’il se rendant à Cardiff où il venait de s’engager. Mais si ce drame ne relève principalement que du mauvais sort, il cache également une gestion désastreuse que mène le président nantais Waldemar Kita. Car vendre Sala était déjà une grosse erreur d’un point de vue sportif (pour rappel l’attaquant argentin avait bien aidé le club quand ce dernier avait réalisé un début de saison catastrophique) mais témoignait surtout du manque de considération du président nantais vis-à-vis de son joueur. En effet, Kita a toujours sous-évalué Sala. Il ne lui a jamais offert de contrat à la hauteur du talent et surtout des efforts fournis par l’attaquant argentin. Enfin, Kita a toujours cherché à se débarrasser de lui (bien qu’il l’ait nié mais cela a pu être prouvé par le journal L’Equipe). Le transfert à Cardiff a d’ailleurs été l’occasion rêvée pour Kita de de récupérer un max d’argent. Et même si Sala voulait partir (notamment à cause de ses mauvaises relations avec le président), Cardiff n’était pas sa destination favorite. Outre la cas Sala, Kita entretient actuellement des mauvaises relations avec l’entraîneur du club, Vahid Halilodzic, qui avait pourtant relancé Nantes, après un début de saison catastrophique, à l’époque sous les ordres du portugais Miguel Cardoso.

Caen et Guingamp : ce qui devait arriver arriva

Lors de cette saison 2018-2019, 5 équipes se sont longtemps livré bataille pour le maintien : le Stade Malherbe de Caen, l’En Avant de Guingamp, le Dijon FCO, l’AS Monaco et l’Amiens SC. Au final, c’est Caen et Guingamp qui ont terminé au fond du panier et qui ont ainsi été relégué en Ligue 2. En ce qui concerne Guingamp, pour être honnête je (et je ne suis surement pas le seul) ne m’attendait pas à les voir aussi bas. En effet, les guingampais pouvaient s’appuyer sur un effectif composé de bons joueurs en bonne progression comme Coco, Thuram, Bals…, des joueurs d’expérience comme Kerbrat, Didot, Sorbon…, ainsi que des recrues plutôt bonnes sur le papier, comme Nolan Roux ou Ronny Rodelin. De plus, depuis son retour dans l’élite en 2013, les guingampais avaient toujours su bien se classer. Mais cette saison fut un échec du début à la fin pour les bretons qui n’ont quitté la dernière place qu’à 3 reprises depuis la 3e journée. Et la nomination de Jocelyn Gourvennec, (qui avait fait remonter le club en Ligue 1) au poste d’entraîneur n’a rien changé. En ce qui concerne le Stade Malherbe de Caen, la descente fut moins surprenante. Habitués il y a quelques années à faire « l’ascenseur » entre la Ligue 1 et la Ligue 2, les normands avaient réussi à se stabiliser dans l’élite du football français que le club n’a plus quitté depuis 2014. Mais avant le début de la saison et pour faire plaisir aux actionnaires, Gilles Sergent a remplacé Jean-François Fortin à la présidence du club. Or, Sergent n’y connaissait visiblement pas grand-chose au foot. Résultat : un mercato loupé, un choix d’entraîneur hasardeux (Fabien Mercadal, qui sera supplée par Courbis, formant ainsi un tandem aussi incompréhensible qu’inefficace) et un jeu affligeant, entraînant une relégation plus qu’inévitable.  

Monaco : La saison cauchemardesque

Malgré un début de saison complètement manquée, on n’était pas très inquiet pour Monaco car au final, leurs mauvais résultats pouvaient être associée aux nombreux blessés au sein de l’effectif. Mais les semaines continuaient de s’égrainer sans que les monégasques ne parviennent à redresser la pente. Malgré un effectif alléchant sur le papier (plusieurs vainqueurs du titre en 2017 comme Subasic, Glik ou encore Sidibé), le jeu était incroyablement mauvais. La direction a d’ailleurs fini par renvoyer le coach Jardim (qui avait pourtant réussi des miracles avec le club auparavant) pour le remplacer par Thierry Henry, qui se fera ensuite renvoyer pour être remplacé par Jardim. Une situation devenue plus que pathétique pour ce club dont on avait presque oublié la participation à la demi-finale de la Ligue des Champions il y a à peine 2 ans. Malgré un mercato XXL (arrivées de Fàbregas, Gelson Martins, Vinicus ou encore Adrien Silva), l’AS Monaco continuait de jouer un jeu très pauvre. Malgré tout, les monégasques ont pu compter sur une bonne phase pour remonter au classement et terminer finalement à la 17e place (ce qui à une place près les sauve en Ligue 1), une place quasiment inespérée en décembre mais une place inadmissible compte tenu des moyens du club. Mais ce qui a fait défaut au club cette saison, c’est surtout son mercato. Car dans sa logique de faire de l’argent en achetant des jeunes prometteurs pour les revendre cher (méthode qui avait jusque là fonctionné pour le club du rocher), Monaco s’est fait avoir car les « jeunes pousse » n’ont pas été à la hauteur des attentes (Golovin, Geubbels, Grandsir, etc.) et n’ont pas su remplacer Lemar, Fabinho, Mountinho, etc.

Ligue 2

Lorient n’y arrive toujours pas

Bon ! Là je vais être honnête, en tant que supporter du FC Lorient, cette fin de saison m’a donnée envie de me plonger intégralement dans l’acide en écoutant un discours de Nathalie Loiseau. On a globalement eu l’impression de revire la même année que l’an passé. En effet, comme en 2017-2018, les hommes de Mickaël Landreau ont pratiqué l’un des plus beaux jeux et ont toujours été très bien placés au général. De plus, malgré les départs de Bouanga (Nîmes) et Guendouzi (Arsenal), véritables révélations de la saison, Lorient a su faire émerger d’autres très bons jeunes comme Ilan Meslier, Maxime Etuin, Pierre-Yves Hamel (19 buts) et surtout Alexis Claude-Maurice. Mais avec des défaites « bêtes » et une fin de saison complètement manquée, les lorientais terminent 6e, manquant ainsi les barrages d’accession à la Ligue 1. Pour la saison prochaine, Lorient aura toujours la montée comme objectif même si certaines pépites devraient partir, mais pourra compter sur un nouvel entraîneur : Christophe Pélissier, fraîchement débarqué d’Amiens en Ligue 1.

Béziers, Red Star : l’échec des promus

Hormis Grenoble qui, pour son grand retour dans le monde professionnel a réalisé une bonne saison, concrétisée par une 9e place, les promus (Béziers et Red Star) n’ont pas su tirer leur épingle du jeu et ont terminé 19e et 20e (sur 20) de Ligue 2 accompagnant ainsi le Gazélec Ajaccio en National (3e division) pour la saison prochaine. Bien que Béziers ait réalisé un début de saison agréablement surprenant, les biterrois qui n’avaient jusque là jamais connu le monde professionnel ont très vite montré leurs limites. Malgré un match d’anthologie face à Valenciennes (victoire 6-5), l’effectif de Mathieu Chabert, qui avait été très peu renforcé à l’intersaison n’a pas réussi à se maintenir. Cependant, à l’heure où j’écris cet article, Nancy et Sochaux sont provsoirement rétrogradés en National pour des problèmes financiers. Si cette rétrogradation se confirme, Béziers sera repêché. En ce qui concerne le Red Star, la saison a été catastrophique du début à la fin. Relégables dès le 7e journée (jusqu’à la fin), les audoniens ont connu 4 entraîneurs différents et n’ont jamais réellement su se montrer au niveau. Les expérimentés Douchez, Bourgaud et Chantôme (1 sélection en équipe de France) n’ont pas apporté grand-chose et ont laissé le Red Star couler. De plus l’échec du Red Star aura été de ne pas voir son mythique Stade Bauer de Saint-Ouen être homologué, obligeants le club à jouer ses matchs à Beauvais, dans un Stade Pierre-Brisson qui sonnait creux.

Sochaux : le lion en perdition 

C’était annoncé : Sochaux allait vivre une saison cauchemardesque. Relégué en Ligue 2 en 2014, le club qui a longtemps été celui qui a totalisé le plus de saisons en Ligue 1 a ensuite été vendu par Peugeot (propriétaire historique du club) à un obscur groupe chinois, actuellement en redressement judiciaire, ce qui a entrainé de lourds problèmes dans les caisses du club. Les dettes du club ont été épongées par Baskonia-Alaves, un groupe basque étroitement lié au club espagnol d’Alaves, laissant ainsi le club franc-comtois sous le contrôle d’une improbable alliance sino-basque. Sportivement ce fut aussi un désastre. L’effectif a été grandement renouvelé mais les recrues étaient uniquement des joueurs prêtés, quasiment tous de nationalités différentes. L’effectif a d’ailleurs été encore presque intégralement modifié à la mi-saison, coïncidant avec le départ de Baskonia-Alaves, quelques mois seulement après son arrivée. Sur le banc, c’est Omar Daf, défenseur historique du club qui a remplacé l’entraîneur espagnol du début de saison, José Manuel Aira, permettant ainsi de sauver le club, malgré une fin de saison chaotique. Cependant, le club n’est pas totalement car à cause de ses problèmes financier, la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) a prononcé une rétrogradation du club en National (3e division). Même si le club a fait appel et pourrait être sauvé, ce que vit Sochaux depuis 2014 témoigne de la victoire du foot-business qui a anéanti ce foot populaire, ouvrier dont Sochaux était le parfait ambassadeur.

Coupes de France et Coupe de la Ligue 

PSG : année à oublier

Si le PSG figurait dans les tops en ce qui concerne le championnat, il est clair que le club de la capitale a totalement manqué ses coupes. Pourtant, les parisiens étaient quintuples vainqueurs en titre de la Coupe de la Ligue et quadruples vainqueurs en titre de la Coupe de France. Mais le PSG a terminé sa saison de manière plutôt bancale. En effet, pour parler d’abord de la Coupe de France, les joueurs de Thomas Tuchel avaient réalisé un plutôt bon parcours, mais sur leur route ils ont rencontré la Stade Rennais qui les ont fait tomber en final à l’issue d’une séance de tirs au but marquée par le raté incroyable de Christopher Nkunku (dont j’avais déjà parlé lors du dernier article). En Coupe de la Ligue, c’est en quarts de finale que les parisiens se sont arrêtés. Là aussi c’était contre une équipe bretonne : l’En Avant de Guingamp. Après avoir mené au score facilement grâce à Neymar, Guingamp, pourtant en difficultés en championnat a égalisé à la 83e grâce à Ngbakoto sur pénalty, avant que Thuram, également sur pénalty n’offre la victoire aux guingampais à la 93e, éliminant ainsi le PSG, qui aura vécu une saison très contrastée.

Marseille, le cauchemar Andrézieux (et oui encore l’OM !)

En Coupe de France, il y a ce qu’on appelle « la magie de la Coupe ». Ce moment où une équipe amateure réalise l’exploit d’éliminer une équipe de l’élite du championnat. Cet exploit, c’est ce qu’a réalisé l’ASF Andrézieux-Bouthéon, club de la Loire, évoluant en National 2 (4e division) en éliminant l’Olympique de Marseille (2-0) en 32e de finale, grâce à des buts de Bryan-Clovis Ngwabije et Florian Milla. Côté Marseillais, déjà dans une sale période, la douche fut froide et clairement la « déroute d’Andrézieux » restera un dossier qui sera souvent ressorti pour charrier les supporters marseillais. D’autant plus que le match, à l’image de la saison était vraiment un ratage complet.

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Simon Bouquerel

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