Foot : retour sur les compétitions françaises (1/2 : les tops)

Foot : retour sur les compétitions françaises (1/2 : les tops)

La victoire dimanche 9 juin du Portugal face aux Pays-Bas en finale (aussi chiante qu’un ballet musical de 4h en polonais sur une histoire d’amour entre une agrafeuse et un pamplemousse) de la Ligue des Nations a clôturé une saison de football 2018-2019 riche en événements (la Coupe du Monde féminine étant une compétition estivale, je n’estime pas qu’elle fasse partie intégrante de la saison 2018-2019 qui s’étend d’août à juin). C’est donc l’occasion de revenir sur cette saison à travers deux articles, d’une originalité aussi affligeante que le match des bleus face à la Turquie : un top-flop. Et puisque le flop arrivera plus tard dans la semaine, voici le top (logique).

Je précise également que ce top-flop se concentrera sur les compétitions françaises car quoi de mieux que notre beau championnat qui nous permet de vivre des magnifiques moments. 

Ligue 1

Paris, toujours indétrônable 

Si la saison européenne des parisiens a été assez mauvaise (et je pèse mes mots), il faut être objectif : ils ont tout écrasé en championnat. Malgré une fin de saison compliquée, les hommes de Thomas Tuchel ont terminé la saison avec 91 points (soit 16 points d’avance sur leur dauphin lillois). L’ultra dominance parisienne a d’ailleurs été symbolisée par ce 9-0 infligé à Guingamp le 19 janvier dernier. Sur l’ensemble de la saison, les parisiens ont d’ailleurs pu compter une attaque prolifique avec Cavani, Mbappé qui a fini meilleur buteur et Neymar, jusqu’à sa blessure en janvier (ce qui commence à devenir une tradition chez lui). Enfin, contrairement aux autres saisons, cette année a aussi été marquée par la confiance accordée par Tuchel aux jeunes formés au club (surtout en début de saison). Ainsi, on a pu voir évoluer régulièrement Colin Dagba, Stanley Nsoki, Christopher Nkunku (et ses magnifiques drops) ou encore Moussa Diaby.

https://youtube.com/watch?v=vliHEFuMxds%3Fwmode%3Dtransparent%26jqoemcache%3D6BP6x

Lille, la grosse surprise

Clairement je m’attendais à tout sauf à ça ! En déménageant à Lille je me suis dit que j’irai voir quelques matchs de Ligue 1, mais la dernière saison (catastrophique) du LOSC ne me faisait pas espérer grand-chose. Et clairement je me suis trompé. Car si en me rendant plusieurs fois au Stade Pierre-Mauroy j’ai découvert une magnifique enceinte accompagnée d’une magnifique ambiance, j’ai surtout découvert une magnifique équipe. Le trio d’attaque « bip-bip » (Bamba, Ikoné, Pépé) n’a cessé de faire des merveilles sur le plan de l’efficacité comme sur le plan de l’esthétique. Les lillois ont aussi pu compter sur un impeccable Mike Maignan, véritable mur dans ses buts, qui a très justement été récompensé d’une convocation en équipe de France. Ensuite, cette saison du LOSC a vu naître celui qui sera à scruter de très près dans les prochaines années : Rafael Leão. A seulement 20 ans, l’attaquant portugais a su étaler sa classe, notamment en inscrivant 8 buts, pour la première saison presque pleine de sa jeune carrière. Enfin, je ne pourrais pas terminer sans parler du coach Christophe Galtier, qui a réussi à rebâtir une équipe grâce à des paris osés, comme la venue du très expérimenté José Fonte, exilé en Chine qui s’est révélé comme le patron de la défense. Galtier a aussi fait revenir Loïc Rémy, l’ancien international dont on avait quasiment oublié l’existence et qui a inscrit le but élu « but de l’année ». Enfin bref, Galtier a su ressusciter un club encore en gueule de bois de sa génération dorée de 2011 avec les Cabaye, Gervinho et autres Eden Hazard, me permettant à moi et à tous les lillois de pouvoir goûter à la saveur prochaine des matchs de Ligue des Champions au Stade Pierre-Mauroy.

https://youtube.com/watch?v=ioDH_I0HwUA%3Fwmode%3Dtransparent%26jqoemcache%3D9gkH4

Nice : on s’été dit « on Vieira bien » et on a vu !

Si l’OGC Nice a légèrement décliné ces 2 dernières saisons, il n’en reste pas moins un club qui sait se renouveler et bâtir à partir de pas grand-chose. En effet, le départ de Claude Puel en 2016 laissait craindre une grosse perte de niveau du club niçois. Pourtant, son successeur Lucien Favre a impeccablement assuré derrière. C’est d’ailleurs pourquoi l’inquiétude est réapparue lorsque le technicien suisse a quitté le club l’été dernier pour rejoindre Dortmund. La direction a donc fait le choix du pari en nommant le champion du monde 98 Patrick Vieira au poste d’entraîneur, lui qui n’avait jamais entraîné d’équipe du top 5 européen. De plus Vieira a du composé avec de nombreux départs importants non remplacés (Pléa, Seri, Le Marchand…), un Balotelli très en dessous de son niveau, etc. Mais cela n’a pas posé tant de soucis que ça à Vieira. Il a pu s’appuyer sur un excellent Benitez dans les buts et surtout sur un exceptionnel Youcef Atal. En effet, l’algérien de 23, déniché en Belgique à Courtrai, aussi bien à l’aise au poste de latéral comme au poste d’ailier est probablement LA révélation de l’année du championnat. Finalement, même si les niçois ne terminent « que » 7e, Vieira a su prouver qu’il était possible de faire de grande chose même avec une équipe qui ne fait pas rêver sur le papier.

Reims / Nîmes : les promus assurent

Être promu en Ligue 1, c’est souvent annonciateur d’une saison compliquée. Pourtant ce ne fut absolument pas le cas du Stade de Reims et du Nîmes Olympique, jamais vraiment inquiétés par la relégation. Les 2 clubs ont au final terminé respectivement 8e et 9e (Reims a d’ailleurs longtemps flirté avec les places européennes). Pourtant je vais être honnête j’avais assez peur pour Reims. En effet, le mercato estival a vu partir du club de nombreux artisans de la montée comme Diego ou Siebatcheu. Mais David Guion a su monter une équipe mêlant expérience (Abdelhamid, Romao…) et jeunesse (Cafaro, Oudin…), en plus d’un excellent gardien (Mendy). Côté nîmois, l’effectif n’avait pas beaucoup bougé. Hormis les retours de prêt de Del Castillo et Boscagli, aucun joueur majeur n’était parti. Et si on attendait beaucoup de Alioui et Bozok, véritables leaders de la montée la saison passée, c’est plutôt Bouanga, Ripart et Savanier (meilleur passeur du championnat) qui se sont mis en avant, allant jusqu’à repousser ces derniers sur le banc, et offrant à Nîmes un superbe retour en Ligue 1, 25 ans après l’avoir quittée.

https://youtube.com/watch?v=xYa0d4tLlUY%3Fwmode%3Dtransparent%26jqoemcache%3DlZfS5

Mon 11 de tops de la saison :

Ligue 2

Metz : trop facile

1 an seulement après sa relégation, le FC Metz a terminé 1er de Ligue 2 et va retrouver la Ligue 1. Le club, mosellan qui passe son temps à « faire l’ascenseur » entre la Ligue 1 et la Ligue 2 (tout comme leurs collègues troyens, qui ne monterons pas cette année), et que je vais désormais surnommer « Otis » (c’est une bonne situation ça club de foot ?), a écrasé la concurrence cette saison en terminant avec 7 points d’avance sur son dauphin brestois. Les messins avaient d’ailleurs pris la première place dès la 2ème journée, pour ne plus jamais la quitter. Les « grenats » ont d’ailleurs pu compter sur un duo d’attaque Diallo-Niane plus que prolifique (36 buts à eux 2). Les autres joueurs ne sont d’ailleurs pas en reste puisque Delaine, Cohade, Gakpa ou encore Boulaya ont aussi été auteurs d’une très bonne saison.

Brest : la récompense de la constance

Souvent proches de la montée depuis leur relégation en 2013, les hommes de Jean-Marc Furlan ont enfin validé leur ticket pour la Ligue 1 après une saison plutôt maîtrisée, malgré quelques coups de moins bien qui ont fait craindre le pire aux supporters. Malgré tout, les bretons ont assuré leur montée à 1 journée de la fin grâce à une victoire 3-0 face à Niort, victoire notamment obtenue grâce à un triplé de Gaëtan Charbonnier, homme de la saison côté brestois, et meilleur buteur du championnat avec 27 réalisations.

Le Mans : le retour inespéré 

Venant de la Sarthe et ayant vu les premiers matchs de ma vie au Mans, je ne pouvais pas parler de Ligue 2 sans parler du Mans FC. Même si les manceaux ont joué leur saison en National (3e division), ils ont accroché leur ticket pour la Ligue 2 suite au barrage Ligue 2 / National, dans la confrontation qui les opposait au Gazélec Ajaccio. Les hommes de Richard Déziré sont venus à bout des Corses à l’issue de 2 matchs (aller-retour) au suspense haletant. Le match aller à eu lieu au Mans dans une MMArena pleine comme je ne l’avais jamais vu. Malgré la formidable ambiance qui m’a rappelée l’âge d’or du club, les manceaux se sont inclinés 2-1 sans avoir réellement été inquiétants offensivement. Pour pouvoir monter en Ligue 2, il fallait qu’ils s’imposent au moins 2-0 au match retour à Ajaccio. Et c’est ce qu’ils ont fait. Après un but refusé, Rémy Boissier a ouvert le score à la 73e minute, avant que Mamadou Soro (dont j’ai fait la demande de canonisation auprès du pape François) ne marque à la dernière minute d’un splendide retourné acrobatique offrant au match un scénario des plus improbables, propulsant ainsi Le Mans FC en Ligue 2, offrant au club un retour dans le monde professionnel 6 ans après l’avoir quitté suite à une rétrogradation administrative en DH (6e division).

Et petit kiffe : le but de la montée ci-dessous.

https://youtube.com/watch?v=5dApRyQpXrA%3Fwmode%3Dtransparent%26jqoemcache%3DJRpmH

Coupes

Coupe de la Ligue : Strasbourg met fin au règne du PSG

Au bout d’une longue, très longue finale bouclée aux tirs aux buts face à l’En Avant de Guingamp, le Racing Club de Strasbourg est venu remporter sa 3e coupe de la Ligue (14 ans après a dernière), mettant ainsi fin à 5 années de règne du Paris-Saint-Germain. Tout comme Le Mans, les strasbourgeois ont connu la relégation administrative, menant à l’embourbement dans le football amateur, avant de renaitre avec 2 montées successives (en Ligue 2 en 2016, puis en Ligue 1 en 2017), puis 2 maintiens en Ligue 1 assurés en 2018 et 2019. C’est donc dans cette dynamique de progression constante que les hommes de Thierry Laurey ont renoué avec le passé glorieux du club en remportant cette Coupe de la Ligue, également synonyme d’accès au 2e tour de qualification de la Ligue Europa. Au long de ce parcours qui les a menés au titre, Strasbourg a éliminé tout un tas de grosses écuries (Lille, Marseille, Lyon, Bordeaux), avant de venir à bout de Guingamp, lui-même tombeur du PSG et de Monaco. Si le parcours est beau, la finale, qui avait lieu au stade Pierre-Mauroy de Lille (et du coup oui, j’y étais !) était assez mauvaise, pour ne pas dire chiante (victoire aux tires aux buts après un long 0-0). Malgré tout le spectacle était présent dans les tribunes d’un stade tout acquis à la cause des supporters strasbourgeois qui ont mis le feu, montrant ainsi pourquoi le Racing demeure et demeurera un club légendaire du foot français.

https://youtube.com/watch?v=BJ7-TJQ5gWA%3Fwmode%3Dtransparent%26jqoemcache%3DXXoKB

Coupe de France : Julien Stéphan, le magicien

Le 3 décembre 2018, alors que le Stade Rennais était pourtant encore en course en Ligue Europa, l’entraîneur Sabri Lamouchi est renvoyé et remplacé par Julien Stéphan (fils de Guy Stéphan, l’entraîneur adjoint de Didier Deschamps), entraîneur de la réserve, qui n’avait jusque là aucune expérience dans un club de Ligue 1. Pourtant, à peine arrivé, Stéphan a fait des miracles en enchainant 4 succès consécutifs en championnat et en qualifiant le club pour la 1ère fois de son histoire en 8e de finale de la Ligue Europa. Mais c’est surtout en Coupe de France que Stéphan a fait briller le club. Après un parcours plutôt bon (élimination de Lille et Lyon), les rennais se sont retrouvé en finale face au PSG, quadruple tenant du titre. Finale qui avait d’ailleurs mal commencé pour les rennais puisque les parisiens ont ouvert le score dès la 13e minute grâce à Dani Alves avant de faire le break 8 minutes plus tard grâce à un but de Neymar. Mais les « rouges et noir » n’ont pas abdiqué et ont profité d’un contre son camp de Presnel Kimpembe puis d’un but de Mexer à la 66e qui a offert l’égalisation et la prolongation. Prolongations qui n’ont rien donné, laissant ainsi le destin de cette finale de Coupe de France aux mains des tirs au buts. Ces tirs aux buts ont d’ailleurs été serrés puisqu’aucun des 5 tireurs rennais et aucun des 5 tireurs parisien n’a tremblé. Il faudra attendre la troisième tranche pour voir Ismaïlia Sarr transformer son penalty, pendant que le parisien Nkunku a confondu foot et rugby, en envoyant sa frappe complètement au-dessus, offrant ainsi la victoire aux rennais. Ainsi les rennais se sont offert une 2e participation consécutive pour la Ligue Europa et surtout un premier titre depuis 1983.

Capture d’écran : @WinamaxSport

https://youtube.com/watch?v=sJTebtXqULY%3Fwmode%3Dtransparent%26jqoemcache%3D9CaHT

Simon Bouquerel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *