Vue sur la prison (partie 2) : Les relations avec l’extérieur

Vue sur la prison (partie 2) : Les relations avec l’extérieur

Si dans le premier article nous parlions d’argent, nous allons maintenant parler des relations des prisonniers avec l’extérieur. Les prisonniers étant soumis à la privation de liberté, on peut facilement imaginer que les relations sont compliquées. Les liens amicaux et familiaux qu’entretenaient les détenu.e.s avant leur incarcération se compliquent, et même souvent disparaissent rapidement.

La première chose à distinguer, ce sont les longueurs de peine. C’est évident que si le détenu.e.s est condamné à trois mois ou à trente ans, les liens avec son entourage ne vont pas évoluer de la même façon. Selon la prison, l’accès au parloir peut être plus ou moins complexe. En effet il faut réserver, parfois en appelant sur des lignes ouvertes à des créneaux particuliers, ou encore en se rendant directement sur place pour réserver une entrevue d’une demi-heure ou d’une heure qui aura peut-être lieu dans plusieurs jours (hyper pratique si on n’habite pas à côté). De plus, même si parfois les réservations peuvent se faire quinze jours au préalable, certaines n’autorisent les réservations que la veille pour le lendemain. Les visites sont limitées à une entrevue par semaine, qui dure entre une demi-heure et une heure, et est surveillée. 

Evidemment toutes ces contraintes altèrent les possibilités des familles à garder leurs liens, et souvent les personnes incarcérées perdent assez vite leurs relations avec leurs familles. Ainsi elles se retrouvent déconnectées du monde, et leur sortie devient un vrai problème, puisque plus rien ne les lie à la réalité de l’extérieur. Il est très fréquent qu’un condamné de peine moyenne ou de longue peine se retrouve sans famille en sortant, sans parler des divorces ou des abandons à l’entrée.

Cependant certaines autres opportunités sont données, bien qu’elles aient leurs failles (comme toujours). Les parloirs durent entre une demi-heure et une heure. Pour donner la possibilité d’obtenir des entrevues plus longues, deux autres formats de visites existent : les « Salons familiaux », et les « Unités de vie familiale ». Le premier permet d’accueillir dans un petit salon meublé et non surveillé, pour un délai d’une à six heures. Quant au deuxième, les Unités de vie familiale, il s’agit de petits appartements mis à disposition pour une durée allant de six heures à trois jours. C’est d’ailleurs le seul lieu où sont autorisées les relations sexuelles. Le problème de ces instances, c’est leur rareté : en 2016, on compte 36 établissements sur 188 qui en sont équipés, tandis que les Salons familiaux existent seulement dans 12 prisons.

D’autres visites que celles du cercle familial et amical sont autorisées, et cela se concrétise notamment par le Visiteurs de prison qui viennent de manière régulière en prison, afin de créer un lien avec un.e détenu.e et ainsi de créer un lien avec l’extérieur. Il existe le même genre de relation, mais de manière épistolaire.

Quelques autres ouvertures vers l’extérieur existent, via des ateliers organisés par des bénévoles extérieurs à la prison. Il existe aussi des annexes aux universités (la section des étudiants empêchés) qui permet à quelques détenus de suivre des cours, et d’obtenir des diplômes universitaires. D’autres associations agissent pour l’éducation des détenus, et permet leur alphabétisation, une éducation plus poussée, ou encore des accès à la culture via des concerts par exemple.

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