Acte XVIII : l’album photo

Acte XVIII : l’album photo

Après quelques semaines de mobilisations plus calmes, l’acte 18 des Gilets Jaunes a été probablement l’un des plus violentes de ces derniers mois. Arrivé à 11h, des panaches de fumée s’élevaient déjà au dessus des champs Elysées. La route bloquée, je dois passer par un chemin Bis pour accéder à la célèbre avenue, déjà en proie aux flammes alors que la matinée n’est même pas terminée.

Arrivé sur les champs Elysées, mon premier réflexe est d’enfiler mon matériel de protection, masque à gaz, masque et casque, ainsi protégé et ayant remonté mes belles chaussettes abeille, je me faufile dans la foule, très dense, on suffoque déjà à cause de la lacrymo. Plusieurs incendies sont déjà en cours, 2 kiosques à journaux, et une barricade. Les slogans fusent. A ma droite et à ma gauche, des affrontements sont en cours entre les Gilets Jaunes et la police, la lacrymogène remplie doucement l’Avenue, la foule avance, essaye d’esquiver la nappe de fumée blanche qui avance inexorablement. Plusieurs détonations près de moi, Grenades de la police, pétards, je ne sais pas, l’ambiance est électrique, la foule est galvanisée, ça crie, ça hurle, ça rie et ça discute sur les Champs Elysées.

©2019-Ulysse Logéat

Un kiosque à journaux en flamme, il est 11h30.

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L’air est rempli d’un mélange de lacrymo et de fumée noire. On peine à distinguer le soleil par moments.

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La police a pris position en face du Black Block, un manifestant les provoque. Il se fait poursuivre mais ne sera pas arrêté.

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Le cortège remonte le long des Champs Elysées, direction la place de l’Étoile, sur son chemin, vitrines brisées, vélos incendiés.

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Les affrontements se poursuivent sur la place de l’étoile, les camions de la police sont positionnés autour de l’arc de Triomphe et protègent le monument.

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La police attaque avec des grenades lacrymo, beaucoup de grenades, plusieurs dizaines tirées par minute, l’air est par moment irrespirable, le VRBG (véhicule Blindé à roues de la Gendarmerie) tire lui aussi des grenades depuis son canon.

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Un groupe de CRS se déploie à l’arrière de l’Arc de Triomphe.

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Un homme sort d’un nuage de lacrymogène sur la place de L’étoile, la fumée est si dense qu’on ne voit plus rien quant on est à l’intérieur.

©2019-Ulysse Logéat
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Sur une rue adjacente, une barricade est allumée alors que des CRS avancent dans sa direction.

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Le canon à eau est mis en marche pour disperser les manifestants, (sans effet) ils répliquent avec des pavés et des pétards tandis que la police tire toujours plus de grenades vers les Gilets jaunes.

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Un char « VRBG » de la gendarmerie nationale tire des grenades lacrymogènes depuis son canon pendant tout l’après midi.

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Le Fouquet’s est en flamme, cassé plus tôt dans la matinée, le restaurant a subi des tirs de lacrymogène sur son auvent, cause de l’incendie.

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Palet de lacrymogène. Il sort de la grenade après quelques secondes de vol puis retombe en pluie sur les manifestants, encore brulant…

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La devanture du magasin Longchamp est en flamme, les habitants de l’immeuble sont évacués par les Streets Médics.

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FDO (force de l’ordre) visant un manifestant avec un LBD (lanceur de balle de défense), arme responsable de plusieurs dizaines de blessés graves (tir à la tête, parties génitales, perte d’un œil, os cassés), cette arme est dévastatrice même lors d’un tir « réglementaire » il n’est d’ailleurs par rare d’entendre les GJ crier « baisse ton arme ! « Voir se positionner devant le canon du tireur lorsque celui-ci va faire feu.

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En fin de journée la fatigue se fait sentir chez les forces de l’ordre, l’évacuation des champs commence petit à petit, je quitte la manifestation à ce moment là pour éviter de me faire nasser (encercler par les FDO puis attendre plusieurs heures qu’ils veulent bien vous faire sortir).

L’acte 18 fut certainement l’un des plus violents à ce jour, de par sa durée, on parle ici de plus de 8h d’affrontements presque sans arrêt, et puis de son intensité, le sol jonché de projectiles en tout genre c’est relativement peu courant.

Néanmoins il représente un signal fort de ras le bol général, que le gouvernement à intérêt à écouter au lieu de réprimer toujours plus les manifestations, car ça finira bien par « exploser ». Et ce jour là je serais là pour un nouvel article.

Prenez soin de vous et de vos proches quand vous allez en manif.

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