La grève pour le climat (4/5) : Vue de Lille

La grève pour le climat (4/5) : Vue de Lille

Il était environ 13 h 30 ce vendredi 15 mars 2019. L’heure à laquelle s’étaient donné rendez-vous tous les jeunes lillois pour partir sillonner les rues de la ville et manifester leur inquiétude par rapport à l’avenir de notre planète. J’ai à peine eu le temps de manger et de discuter à table avec les autres de qui fait grève et qui ne le fait pas. Pour moi et plusieurs camarades de promotion c’était décidé : nous irons.  

La Grand’Place de Lille, quelques minutes avant d’être submergée de monde (photo : Simon Bouquerel)

A mon arrivée sur place, il y avait encore assez peu de monde, mais au fur et à mesure, ce fut la stupéfaction : jamais la Grand’Place de Lille n’avait été, à ma connaissance (même si je ne vis qu’à Lille depuis 6 mois) aussi noire de monde. Tout autour de moi, des lycéens, des étudiants, mais aussi quelques enfants, nichés sur les épaules de leurs parents, se postaient debout, le regard tourné vers le balcon du Théâtre du Nord où une dizaine de lycéens prenaient tour à tour la parole dans un mégaphone pour scander leur hostilité à l’égard des actions des gouvernements vis-à-vis de l’écologie (bon, en vrai c’est ce qu’on a compris parce que le mégaphone était assez mal réglé, ce qui fait qu’on n’a pas bien entendu. Mais au moins ça a bien galvanisé la foule).

D’ailleurs, bravo aux lycéens, qui dans le Nord mettent la misère aux Etudiants quand il s’agit de monter et / ou d’organiser un mouvement social.

Après quelques minutes de tergiversations, l’imposant cortège s’est enfin mis en marche vers la Porte de Paris, lieu final du tracé de la manifestation. C’était parti pour environ deux heures de marche dans une ambiance très festive mais pas gratuite. Je dis ça principalement pour  faire taire les quelques abrutis qui passent leur temps à invectiver ces « fainéants de grévistes qui sèchent les cours ». Croyez-moi ce genre de « gréviste-sécheur » se repère facilement et moi je n’en ai pas vu.

Photo : Simon Bouquerel

Pendant la marche, de nombreux slogan ont été scandés comme la fameux « et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ». Dont, certes, l’originalité est aussi absente que la conviction écologique de François De Rugy, mais qui fait toujours du bien quand il sort.  

Côté pancartes, en revanche il y avait de l’original. On a pu notamment y voir des « Le Titanic n’aurait pas eu de problèmes en 2019 » ou encore   « sauvons la planète, c’est la seule qui a de la bière ». On avait aussi pas mal de solgans un peu plus osées, qui font effet mais qu’on déconseille de montrer aux plus jeunes comme « Nique ta mère pas ta mer », ou encore le très original « 20°C en hiver c’est comme se faire sucer par son chien…c’est kiffant mais chelou » qui a pas mal tourné sur les réseaux.

Poésie…. (photo : Simon Bouquerel)

Si le mouvement se voulait apartisan (et surtout pas apolitique…arrêtez d’utiliser ce mot à tort et à travers), certaines organisations et certains partis politique étaient présents. Si cela peut gêner certains, je tiens à préciser que ces partis étaient représentés par des jeunes. On a ainsi pu voir les jeunes écologistes (Europe Ecologie Les Verts) ou encore les jeunes communistes (Parti Communiste Français). Le député insoumis du Nord Adrien Quatennens (28 ans), présent incognito dans le cortège. Des partis dont l’écologie fait partie intégrante de leurs programmes. Ce que je veux dire par là c’est que les représentants politique étaient parfaitement légitimes à être là et qu’aucune récupération politique n’est à déplorer.

photo : Simon Bouquerel

On est assez loin des Gabriel Attal et Bruno Poirson, de La République en Marche qui ont été manifester et taper des selfies à Paris. Sérieusement, ils font parti du gouvernement et ils vont à une manifestation qui demande entre autres au gouvernement d’agir pour la planète. Plus con tu meurs. Gabriel Attal a même tweeté « Fier de la jeunesse française qui se bouge pour défendre la planète », sans avoir pigé que c’est contre sa politique que les jeunes se bougent. Après c’est peut-être de l’art contemporain…une sorte de performance artistique basée sur l’indécence et la provocation…je ne sais.

Bref, pour en revenir à Lille, la manifestation s’est terminée sans heurts (c’est assez gênant de devoir toujours le préciser) dans une bonne ambiance avec notamment un clapping improvisé par un étudiant perché sur un toit (on est les meilleurs à l’académie ESJ !).

Vers 16 h, tout le monde est retourné vaquer à ses occupations. Certains ont poursuivi la journée à la ZAD de la Friche Saint-Sauveur, d’autres sont restés Porte de Paris pour discuter. Quant à moi, j’ai dû me rendre à mon cours de français (que j’espérait louper), clôturant ainsi cette magnifique journée qui a réuni environ 6 000 jeunes (et quelques moins jeunes) dans les rues de Lille.

Simon Bouquerel

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