La grève pour le climat (3/5) : Vue de Sillé le Guillaume (Sarthe)

La grève pour le climat (3/5) : Vue de Sillé le Guillaume (Sarthe)

Le 15 mars, journée de l’espoir. En effet, ça donne un tel espoir de voir que même dans un petit lycée de campagne, les jeunes sont capables de se mobiliser, passent au dessus de l’absence injustifiée pour donner un peu d’importance à un mouvement qui ne demande qu’à ce que la vie soit sauvée. Cette mobilisation est née d’un groupe de trois convaincus à sauver la planète, se sentant seuls dans leur petite cité scolaire perdue au fond de la Sarthe, malheureusement… Moi-même, j’ai la fierté de faire partie de ce groupe, qui donna lieu à de belles et étonnantes actions ce 15 Mars. Tout est parti d’un réseau de personnes potentiellement intéressées par le sauvetage de la planète, on enchaina ensuite deux réunions, en deux semaines. Plusieurs idées émergèrent : pourquoi ne pas rester au lycée pour agir à petite échelle ? Pourquoi ne pas faire signer des pétitions pour rendre notre lycée plus écolo ? Pourquoi ne pas organiser un « die-in » ? Avec le soutien d’un bon nombre de professeurs et après avoir demandé l’autorisation du principal, le groupe d’une soixantaine de personnes se mit à faire des affiches, prévoir les feuilles de pétitions, l’organisation de la journée…

Le jour J : La journée a commencé, gilets verts enfilés, par la mise en place du stand tout vert, au milieu du hall du lycée, avec les pétitions, une boite à dons pour une association, une boite à idées, et de nombreuses affiches. Pendant la journée, chacune des cinq pétitions ont été signées plus de 200 fois : une grande réussite pour un lycée qui compte un peu plus de 300 lycéens. On a par exemple demandé un nouveau cendrier, de privilégier les produits locaux et de saison, que les professeurs fassent attention à leur consommation de papier et enfin d’installer un frigidaire dans le self pour laisser une deuxième chance aux yaourts même pas ouverts, par exemple, plutôt qu’ils finissent à la poubelle.

Photo 1 : Boîte à dons. Photo 2 : Pétitions.

Vers 11h, le mouvement a prit une telle ampleur qu’on a proposé à tout le monde d’aller ramasser des déchets autour du lycée, encore une fois, une malheureuse réussite puisque trois sacs ont été remplis en moins de deux heures sur 2 km. Et vint le moment le plus fort de la journée, à 13h35 : le die-in. Sincèrement, j’ai eu peur pendant un moment que cette action tourne au ridicule, mais non, l’effet de groupe à triomphé ! Quel bonheur de voir le hall de mon petit lycée rempli de lycéens et collégiens allongés pour la terre ! On a la chance d’avoir un ami qui écrit très bien au lycée, c’est donc à lui qu’on a confié la lourde tache d’écrire et de prononcer un texte pour le die-in. Et il faut dire qu’il s’en est merveilleusement bien sorti : c’était un moment tellement émouvant, pour tous.

La « journée de l’improvisation » s’est terminée par un dialogue entre une soixantaine de lycéens et l’équipe d’organisation, pendant lequel on a ouvert les idées mises dans la boite à idées. On en a discuté, on a voté pour les plus pertinentes, comme faire un cross au profit d’actions écologiques, organiser des clean-walks, augmenter les plats végétariens, faire un groupe Messenger de covoiturage…

Photo 1 : Résultat du ramassage de déchets. Photo 2 : Une pancarte accrochée dans le lycée.

Et voilà, cette petite journée pleine d’espoir s’est terminée avec un bilan plutôt positif, contrairement à ce que l’on s’attendait ! Ça a été un plaisir, en tant qu’organisatrice de voir que le stand était toujours caché par la foule qui l’entourait, et de voir que même les plus petits (soit 10 ans), donnaient des idées, signaient les pétitions, demandaient qu’on leur dessine une petit planète sur la joue…Le soutien des professeurs fut aussi très rassurant. Nos actions ont été relayées, pour toujours plus d’impact et de présence des écologistes dans les médias, par la presse locale, et la radio locale « Fréquence-Sillé ».

Avec l’équipe d’organisation on a maintenant la lourde tache de monter un dossier bien convaincant pour proposer toutes nos idées et surtout pétitions au directeur. On dit même qu’au lycée un petit groupe écolo pense à s’associer plus durablement pour faire de l’écologie un quotidien… Si chacun changeait les choses autour de lui comme on essaye de le faire actuellement, le monde entier pourrait changer et espérer avoir un avenir décent.
                                           

Lucie Jacqueline

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