La grève pour le climat (2/5) : vue de Rennes

La grève pour le climat (2/5) : vue de Rennes

Une centaine de personnes déferle sur les trottoirs de Rennes. Ils se dirigent vers le métro : impossible de les rater. Ils marchent au milieu de la route et crient. Cette foule, c’est le cortège qui part du lycée Bréquigny à Rennes. L’après-midi du 15 mars, ils rejoignent d’autres jeunes mobilisés pour marcher dans le centre-ville. Maintenant, 6000 jeunes se sont réunis. Tous viennent d’endroits différents : lycées, collèges, fac… Ils viennent de partout, pancartes à la main, slogans et rage à la voix, prêts à exprimer toute leur volonté de changer les choses, face à l’inaction du gouvernement quant au réchauffement climatique. Pourtant, si la mobilisation était si puissante et visible l’après-midi, beaucoup d’actions plus petites mais tout aussi importantes ont été menées durant la matinée.

Dans plusieurs lycées, des ateliers ont eu lieu le matin, ayant pour objectif de préparer les manifestations de l’après-midi, mais surtout de profiter de ces quelques heures sans cours pour apprendre à prendre soin de la planète. Au lycée Bréquigny au sud-ouest de Rennes par exemple, le matin a été très fructueux ! Les lycéens ont réussis à discuter, puis obtenu du proviseur la banalisation des cours pour mettre en place des ateliers qui pourraient conscientiser ceux qui ne le sont pas encore. Si le rectorat a bloqué cette initiative, cela n’a pas empêché à la jeunesse engagée de Bréquigny de participer à des débats, des ateliers de création de pancartes, la rédaction d’une lettre ouverte, ou encore à une cleanwalk.

Sous le préau du self, des dizaines de pancartes sont confectionnées et les talents de chacun sont mis à profit : le dessin pour les illustrations (qui est un pléonasme), l’humour pour les slogans, ou encore le partage de connexion (talent reconnu nationalement), pour trouver des slogans proposés sur internet, où l’on trouve les meilleurs jeux de mots possibles. Plus tard dans la journée, ces petites œuvres seront brandies avec espoir et fierté.

Photos 1 et 2 : atelier pancarte du matin. Photo 3 : rassemblement de l’après-midi

Au même moment dans la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture : concrètement un centre d’animation de quartier) d’à côté, on pousse les tables et installe les chaises pour une conférence participative : chacun apporte ses connaissances pour dresser un portrait des problèmes environnementaux. Une feuille circule, ou chacun inscrit des références pour s’informer et apprendre sur l’écologie, ou encore des astuces pour mieux consommer. Ainsi on partage et on discute, pour plus de conscience et d’action face au déclin environnemental.

Autour du lycée et pendant une partie de la matinée, un groupe de lycéens arpente la zone pour ramasser les déchets : c’est une cleanwalk. Cette action fait prendre conscience de l’état du sol et des dégradations qu’il subit (bouchons enterrés, mouchoirs, nourriture et des mégots retrouvés chaque mètre). Du coup en une heure, on a pu remplir cinq bouteilles de mégots. Cette petite excursion nous a permis de belles trouvailles, telles qu’une canne à pêche, une planche à découper, un bâton de chicha, ou un reste de pique-nique pour six personnes sur un parking. Il a sans doute été interrompu furtivement.

A 12h30, le cortège part du lycée : direction le parc du Thabor, au centre-ville, pour y retrouver les cortèges des autres lycées et des facultés. C’est dans une ambiance joyeuse que le groupe marche et prend le métro (enfin plutôt envahi le métro). Enfin, après avoir rejoint le reste des jeunes au parc et avoir mangé un pique-nique avec pour objectif de faire « zéro déchet », le groupe migre de nouveau. Pour cette fois rejoindre la place de la Mairie et commencer la Marche.

Mais pourquoi marcher ? Ces milliers de jeunes se sont réunis pour réagir face à l’hypocrisie du gouvernement, qu’on retrouve dans leurs discours, lorsqu’ils disent « Nous agissons pour la planète », mais sous-entendent « Nous agissons pour la planète quand cela nous rapporte de l’argent ». Ainsi le gouvernement repousse la fermeture des usines à énergie fossile, ou nie les chiffres des morts prématurées à cause de la pollution. Alors il est nécessaire de demander à faire bouger les choses maintenant. La planète survivra peut-être, elle changera, mais qu’en est-il de nous ? Et qu’en est-il de notre responsabilité et de notre droit à changer de la sorte notre environnement ? C’est pourquoi tous ces jeunes dans toute la France se sont réunis ce 15 mars, dans un espoir et une indignation collective, pour que l’appel soit entendu, et que le changement arrive enfin.

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