Quel avenir pour les réfugiés climatiques ?

Quel avenir pour les réfugiés climatiques ?

photo : Pixabay

Ils sont déjà plus de vingt-trois millions, et en 2050 ils seront plus de cent quarante millions selon la banque mondiale. Venants d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud et d’Amérique du Sud, la situation des réfugiés climatiques est une problématique actuelle à laquelle le gouvernement français ne semble pas avoir de réponse. En effet, la convention de Genève définit un réfugié comme étant une personne fuyant une crainte justifiée d’être persécutée, du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. Aucune place n’est donc donnée aux personnes fuyants leurs pays d’origine suite à des catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique. Pourtant, selon les dires de Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique, “ ces mouvements déplaceraient deux fois plus de personnes que les conflits”.

Si la question des réfugiés climatiques soulève un problème d’un point de vue juridique, elle entre également dans le jeu de notre future évolution démographique. Déjà mise à mal par de nombreux phénomènes, la disparition prochaine de l’entièreté de certains pays est un problème considérable qu’il faut prendre en compte dès aujourd’hui. En effet, la population terrestre est de plus en plus importante (neuf milliards d’Hommes seront présents dans le monde en 2050), ce qui n’empêche pas pour autant le vieillissement de la population qui est de plus en plus conséquent que ce soit dans les pays développés, dans les pays en voie de développement et les pays sous-développés. Entre 2000 et 2050, la proportion de la population mondiale de plus de 60 ans doublera pour passer d’environ 11% à 22%. Il y a donc un besoin de rajeunissement de la population afin d’assurer le bon fonctionnement du système dans lequel nous vivons, malgré les difficultés actuelles et qui vont devenir de plus en plus conséquentes pour loger dignement chacun d’entre nous. Seulement, si certains pays et certaines des plus grandes villes du monde, tels que Venise, Londres, Barcelone, Istanbul, Dakar, Tripoli, New York, Tokyo, Pékin disparaissent sous les eaux, ce sera déjà plus de soixante et onze millions de personnes qui perdront leur lieu d’habitation et qui auront la nécessité de partir vivre ailleurs. Comment peut-on alors allier le besoin de rajeunissement de la population et le manque de place de plus en plus conséquent sur le globe ? Cette question, encore très peu abordée, ne semble pas trouver sa place au sein des débats gouvernementaux, qui semblent n’apporter qu’une très petite place à la question des réfugiés climatiques. La crise environnementale ne sévit pas que par la montée des eaux mais par d’importantes catastrophes climatiques, phénomènes qui ne feront que s’intensifier avec le temps. En effet, d’ici la fin du XXIe siècle, en conséquence des changements climatiques, par exemple, le nombre de puissantes tempêtes en Europe et en Amérique du Nord est susceptible de tripler d’après une étude dirigée par Matt Hawcroft de l’Université d’Exeter en Angleterre.

Face à une situation telle que celle dans laquelle le monde va être confronté d’ici quelques années, il semble essentiel de redoubler, voire tripler l’effort sur nos actions quotidiennes qui participent au réchauffement climatique. Si de nombreuses zones, notamment les zones périglaciaires sont condamnées malgré un utopique “effort collectif”, il est aujourd’hui important de revoir ses habitudes et tenter de s’adapter afin de réduire notamment les émissions de CO2. En ce qui concerne l’avenir des réfugiés climatiques, il restera très incertain tant que le gouvernement ne décidera pas d’aborder de manière sérieuse la question, tant d’un point de vue juridique que démographique.

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